POÈME DE LA PROVIDENCE DIVINE
A cette même période et au deuxième decennium du ve siècle appartient encore le poème De Providentin divina (1), qu'on attribuait autrefois, mais à tort, à Prosper d'Aquitaine, car ses idées sur le libre arbitre sont complètement opposées (9), et qu'on a coutume, du moins aujourd’hui encore, de rapporter à une époque postérieure, environ au milieu du siècle. Cette date elle-même se trouve en contradiction avec des données historiques certaines de l'introduction du poème, laquelle comprend quarante-huit distiques, tandis que le poème lui-même compte huit cent soixante-quinze hexamètres. Le poète inconnu qui, ainsi que le montre l'ouvrage, était un prêtre (3) du midi de la Gaule, nous fait connaître, dans l'introduction, l'occasion et le but de sa poésie polémico-didactique. Il veut réfuter ceux qui mettent en doute le gouvernement divin, doutes qui, ainsi que le disent les personnages mis en scène par le poète dans l'introduction, furent éveillés par les calamités qu’eut à supporter pendant dix ans le midi de la Gaule (4) sous le glaive des « Vandales » et des « Gètes (5). » Ce pays
1. Dans l'édition des œuvres de Prosper, v. plus loin. Wiggers, Versuch einer Darstellung des Augustinismus und Pelagianismus. Leipzig, 1822, vol, IT.
2. V. plus loin, p. 342. L'expression elle-mème est tout autre.
3. C'est ce qui me paraît résulter déjà du terme « fratres » adressé aux ecteurs et qui revient plusieurs fois dans le poème.
4. Le poète ne parle que de la Gaule en général ; mais, comme il fait mention des oliviers, on doit conclure qu'il n'entend que le midi de la Gaule.