‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 200 sur 352 · V. plus haut, p · texte numérisé non relu

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doine, nous y relevons, outre les trois panégyriques, deux.

épithalames et deux poèmes, consacrés, l’un au château d’un ami, l’autre à la ville de Narbonne; ils ont tous le caractère du panégyrique et méritent une place au premier rang, soit pour leur dimension, soit aussi à cause de leur exécution soignée, bien qu'elle ne soit pas toujours parfaite. Dans les panégyriques eux-mêmes, comme dans les épithalames, notre poète se rattache à Claudien. Ici encore, la mythologie antique jointe à l'allégorie inspire les principaux ornements, que dis-je? fournit la broderie elle-même. Donnons une idée de la composition de ces poèmes : le panégyrique en l'honneur d’Avitus débute par la peinture d’une assemblée des dieux que Jupiter a convoqués. Devant eux apparaît Rome personnifiée : son dos est recourbé ; c'est à peine si elle peut traîner la lance et le bouclier, qui lui sont devenus de lourds fardeaux (1). Prosternée aux pieds de Jupiter, Rome se plaint, au souvenir de sa grandeur passée, et regrette ce temps où, sous la conduite du dieu (2), elle portait ses armes jusque chez les peuples les plus éloignés. Alors, l'univers entier était trop élroit pour elle ; et, maintenant, elle est elle-même sa frontière (3). Elle n’a plus d'espoir, à moins que læ Gaule ne lui envoie un nouveau Trajan. C'est le destin qui gouverne tout, répond Jupiter; il me gouverne moi-même. Rome doit néanmoins reprendre courage ; du pays des Arvernes surgira un sauveur dans la personne d'Avitus, lequel, aussitôt après sa naissance, « donna des signes manifestes de sa future royauté. » Son père lui assura une éducation correspondante à sa vocation. Là-dessus, le poète fait raconter à Jupiter lui-même les exploits d’Avitus, depuis son enfance jusqu’à son élévation sur le trône, par les Visigoths. Ce récit renferme des

1. Cum procul erecta caeli de parte trahebat Pigros Roma gradus, curvato cernua collo Ora ferens. Pendent crines de vertice tecti , Pulvere, non galea : clypeusque impingitur aegris Gressibus et pondus, non terror, fertur in hasta. V. 45 sq. 2. « Duce te, » v. 87; c'est par conséquent le point de vue purement païen, défendu encore récemment par Symmaque.

3. Cumque prius stricto quererer de cardine mundi, Sum limes nunc ipsa mihi. v. 96 et sq.

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fanfaronnades souvent vraiment ridicules et tout à fait gauloises (1). C'est Jupiter qui a donné à Rome. cet empereur; il lui reconquerra les provinces perdues ; il lui infusera une nouvelle jeunesse. Le poème se termine presque avec le discours de Jupiter (six cent deux hexamètres) ; Sidoine n'y ajoute, en effet, que deux vers, dans lesquels il exprime ses vœux à l’empereur. — Dans le panégyrique de Majorien, l'Afrique apparaît devant Rome assise sur son trône et implore son secours.

Ce sont surtout les deux épithalames qui étalent à nos yeux le luxe entier des scènes mythologiques : dans l’un, en l’honneur de Ruricius et de Ibéria (cent trente-trois hexamètres et une préface de onze distiques), ce sont Vénus et l'Amour qui font eux-mêmes l'éloge des époux ; ils s’adjoignent ensuite un grand cortège d'autres divinités et s’avancent en chœur vers le lit nuptial, pour le bénir ; dans l’autre, qui est consacré au philosophe Polémius et à Aranéola (cent vingt-huit hexamètres et une préface de trente hendécasyllabiques), c'est Pallas qui joue le rôle principal; le poète nous représente aussi deux temples, dont l’un contient presque tous les philosophes de la Grèce antique, tandis que l'autre, où la fiancée travaille elle-même, nous fait admirer des tapisseries précieuses. Nous voyons ensuite la déesse de la Sagesse conclure l’'Hyménée.

Le poème sur le château (burgus) de Léontius (deux cent trente-cinq hexamètres) est également empreint de cette recherche mythologique qui occupe presque la moitié de cette poésie. L'auteur débute par une description détaillée d'un pèlerinage de Bacchus qui se dispose à se rendre à Thèbes; Apollon lui-même sert de guide au dieu et luimontre, comme un lieu plus digne de son séjour, le château de Léontius. Sidoine fait ensuite une description détaillée des charmes qu’on y trouve, et ce tableau, intéressant pour l’histoire de la civilisation, prend dignement place à côté des plus attrayants que le poète nous trace, dans ses lettres, des villas les plus illustres. Quant au reproche de prolixité, Sidoine le repousse dans un épilogue en prose, en s'appuyant sur des exemples

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