‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 202 sur 352 · Exod. c. 15, v · texte numérisé non relu

Exod. c. 15, v

main de Judith et lui fis rencontrer le cou d’Holopherne. » Il y a encore plus de cinquante vers pour invoquer l'Esprit-Saint, lequel était « Dieu avant tous les temps, le Christ, dans le temps. » Ce n’est qu'après cette longue invocation que le poète remercie Faustus, en l’assurant de son estime et de son affection dans quelque lieu qu'il puisse être. Cette dernière circonstance, longuement développée, est une allusion à l'ascétisme de l’évêque, lequel pourrait bien faire de lui un anachorète.

Cette poésie, quoique marquée au coin du christianisme, resta toujours un travail de la rhétorique, une poésie qui plus ou moins n'avait en vue que la forme : elle n’a jamais le jet spontané du sentiment, le culte du cœur, l'aspiration vers l'idéal. Le meilleur éloge qu'on puisse faire d’elle, c’est de dire qu'elle excelle à copier le monde extérieur; les poèmes de Sidoine nous offrent, par exemple, des descriptions bien réussies : les panégyriques, celle des peuples barbares ; les autres poèmes, celle de différentes contrées, de la vie et des agissements des grands (1). Voulons-nous voir comment la forme était tout pour la poésie de ces rhéteurs, on n'a qu’à lire l'éloge que Sidoine consacre à un ami défunt, à l’orateur Lampridius, qu’il salue comme poète ; ce qu’il célèbre en lui, ce sont : la « merveilleuse variété des pieds et des figures, » la facilité des vers hendécasyllabiques, le cothurne des hexamètres, l’artifice des distiques (2) et « les termes grandioses, beaux, étudiés » (verba elucubrata). Et dans les vers de Sidoine lui-mème, irréprochables au point de vue de la prosodie, nous trouvons de ces jeux de rhétorique (3) que l’auteur et son siè-

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