V. plus haut, p
2. Ces sept frères furent assommés : les Vandales, quelque cruels qu'ils fussent, décapitaient rarement les catholiques ; ils évitaient ce genre de mort afin de ne pas donner à leurs adversaires l'occasion d'augmenter le nombre de leurs « martyre. » D'après notre auteur, un miracle s’est produit à la mort des sept frères ; maïs le récit qu'il nous en fait montre la sobriété qui régnait à cet égard : « Sed eum in mari venerabilia corpora jactarentur, illico quod contra naturam est aequoris, eodem hora illaesa corpora pelagus litiori reddere maturavit, nec ausum fuit, ut moris esf, triduana dilatione in profundo retinere, ne praecepto Dominico minime paruisset. »
3. Aussi De Providentia. Dans l'éd. de Baluze : « Incipit liber primus de gubernatione Dei et de justo Dei praesentique judicio. »
4. S.S. Presbyterorum Salviani Massiliensis et Vincentit Lirinensis opera Stepk. Balusius ad fid. codd. emendurit notisque illustravit, ed. tertia, l'aris, 1684 ; Salviant presbyteri Massiliensis libri qui supersunt recens. Halm, Berlin, 1877 (Monumenta Germ. hist. Auctor. antig., I):
probablement originaire de la Belgique ; né vers la fin du rv° siècle, il atteignit un âge très avancé ‘1). Il composa, vers le milieu du v° siècle (2), son ouvrage qui comprend huit livres; mais, le dernier est resté inachevé. Le but que s'y propose Salvien est de réfuler ceux qui, à la vue des calamités dont l'Empire romain était alors accablé de toutes parts, niaient le gouvernement de la Providence, « par la raison que, dans ce monde, les bons échouent, tandis que les méchants réussissent en tout. » Les anciens philosophes eux-mêmes, à l’exception des Épicuriens, réfutent cette objection, dit Salvien dans le premier livre, en s’appuyant sur les écrits de Cicéron. Mais l'auteur ne veut s'adresser qu’à des chrétiens, ou à ceux, du moins, qui prétendent l'être (3). Il s’agit seulement de savoir, continue l’auteur, si, parmi les bons qui souffrent, il faut entendre les vrais ou les faux chrétiens : dans le dernier cas, ils n'ont que ce qu’ils méritent, et, dans le premier, il n’y a pas lieu de se plaindre, car les vrais chrétiens sont heureux malgré toutes les misères extérieures; il n’y a que les ignorants qui s'y trompent. Ils sont heureux dans leur conscience ; et, s'ils sont päuvres, méprisés, faibles, etc., tant mieux : c'est ce qu'ils désirent. Dieu ne réserve pas tout pour le jour du jugement, comme on pourrait peut-être se l'imaginer ; non, il juge encore sans cesse en ce monde, parce
Salviani presb. Mussil. opera quae supersunt et recens. Pauly, Wien, 1883 (Corp. script. eccles., vol. VII]); Histoire littéraire de la France, t. II, p. 517 sq. ; Zschimmer, Salrianus und seine Schriften, Halle, 1875.
1. Gennade termine l'article qu’il lui consacre, en disant: « Vivit usque hodie in senectute boua. » Or, nous l'avons vu, Gennade écrivait ‘environ en 480.
2. Ilest écrit, à coup sûr, après 439, vu qu'il y est parlé de la captivité de Litorius, et, d'autre part, avant 451, puiscu'il n'y est pas fait mention de l'invasion d'Attila dans la Gaule. La supposition de l'Hist. littéraire, l, c., p. 525, admettant que la conquête de Rome, dont il est parlé au 1. VI, c. 12, est celle de Genséric et que, par conséquent, l'ouvrage est postérieur à 455, cette supposition, dis-je, est erronée, car le contexte n'indique que la prise de Rome par Alaric : Salvien observe, en effet, dans le passage où il énumère les calamités qui ‘ont fondu sur l'empire romain, un certain ordre chronologique, et il y mentionne ce partage des Vandales en Espagne, après la prise de Rome ; comment pouvait-il donc là être question de la prise de Rome par Genséric ?