‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 259 sur 352 · DE ANIMA · texte numérisé non relu

DE ANIMA

lente ni trop rapide. Ce tableau de l'idéal humain, dans lequel la différence, le contraste même entre l'antiquité et le présent annonce un changement complet des temps, ce tableau, dis-je, est digne de remarque par rapport aux arts plastiques de la fin du moyen âge. Enfin, le dernier chapitre traite de l’état de l'âme après la mort et de la vie éternelle. L'auteur cherche à peindre ici, en termes éloquents, le châtiment de l’enfer et la béatitude céleste; il place cette dernière principalement dans la certitude absolue de ne pouvoir offenser Dieu. Vient en dernier lieu une courte récapitulation du contenu des douze chapitres et l'éloge du nombre douze. Cassiodore exhorte ensuite ses amis à se consacrer entièrement à Dieu : «ce n'est qu'en le connaissant et en l’aimant que nous connaissons vraiment notre âme. » Seule, l'humilité, ennoblie par Jésus- Christ, conduit à Dieu; de même que l’orgueil est la source des crimes, ainsi, l'humilité est la source des vertus. L’ouvrage se termine par une prière.

Cette composition caractérise aussi, dans tous ses détails, l'activité littéraire de Cassiodore. Comme elle n’est pas le produit d’un mouvement intérieur et spontané, mais qu’elle a été écrite à la hâte et sur les instances réitérées d'amis désireux de s’instruire, elle contient moins les résultats des réflexions personnelles de l'auteur qu'un tableau de ses lectures va- riées (1); on y reconnaît surtout l'influence directe de Claudien Mamert et celle de saint Augustin. D'autre part, nous y voyons encoxe les efforts et les aptitudes de cet homme pratique pour populariser la science : ces qualités se manifestent, soit dans la clarté de la composition, soit dans la facilité, superficielle il est vrai, mais souvent pleine de charmes, de la narration et dans la simplicité de l'expression. C'est ainsi que cet écrit de Cassiodore a, lui aussi, à plusieurs égards, exercé sur le moyen âge une influence marquée.

4. C'est là un aveu de l'auteur, au début du ch. XII: « Quaeratis forsitan, post hoc saeculum animae nostrae quid agant qualesque permaneant. Respondemus ut diversa lectione collegimus. » Cf. aussi Ritter.

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