‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 283 sur 352 · V. sur ces lacunes Schirren, p · texte numérisé non relu

V. sur ces lacunes Schirren, p

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politique (4); elle avait pour but de réconcilier les Goths conquérants avec la population romaine qu'ils s'étaient assujeltie. En identifiant les Goths aux Gètes, identification à laquelle Cassiodore lui-même semble avoir cru, il donnait aux premiers une importance historique et une origine très reculée: il les faisait remonter à une époque même où Rome n'existait pas encore. En faisant, en outre, dans son histoire un éloge pompeux non seulement de la bravoure éprouvée, mais encore de la haute culture scientifique de ces antiques aïeux des Goths de Cassiodore, il donnait à ces derniers une noblesse qui, pour le moins, les rendait leségaux des Romains. Mais, dans Cassiodore, la gloire du peuple Goth ne forme que le piédestal de la gloire de la maison des Amales, dans laquelle elle brille de tout son éclat ; la noblesse généalogique de cette maison se perd, comme il le prouve, dans la nuit des temps. Ce ne pouvait donc plus être un déshonneur pour les Romans d’être gouvernés par une telle race, ni par un peuple tel que l'était celui des Goths. Cette pensée de l'égalité historique des Goths et des Romains, qui annonce de plus le début d’une nouvelle période, du moyen âge, n’est point du tout effacée dans Jordanès: et son abréviation elle-même est encore un panégyrique du peuple goth. Avec la fierté digne d’un Romain, il parle des exploits de leur bravoure, et son travail a la même tendance pacifique; il aspire à amener une réconciation durable entre les divers éléments des Germains et de l'empire romain auquel ils se sont incorporés. Mais, à l'époque où il écrivait, la puissance des Visigoths avait été complètement brisée par Byzance; il doit donc s'adresser, avec son projet de réconciliation, à la maison impériale romaine, et, en flattant Justinien comme vainqueur de ces Goths qu'il a tant loués, il plaçait l’espoir de leur résurrection sur le fils de Mathasuinthe, petite-fille de Théodoric, et de Germanus, frère de Justinien, lequel fils, avait aussi le nom de Germanus et réunissait en lui la race des Anicius et celle des Amales. Cet espoir, qui supposait il est vrai la dépendance des Goths de la famille impériale

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