V. Mommsen, Prooemium, p. xL1 sq
[(533.] DE ORIGINE ACTIBUSQUE GETARUM 597
leurs expéditions en Asie. L'histoire des Gotks se déroule ainsi jusqu'à Hermanric, « que quelques-uns ont comparé, avec raison, à Alexandre le Grand. » C'est sous ce roi que le royaume des Goths atteint l’apogée de sa grandeur. Dans la troisième partie (c. 24-47), nous trouvons d’abord une description des Huns, qui devaient détruire l'empire des Goths la mort d'Hermanric et la séparation des Visigoths. Après cela vient l’histoire de ces derniers jusqu'à Alaric IL, fils d'Euric. Dans cette histoire, l’auteur traite longuement de l'invasion d’Attila en Gaule et de la bataille dans les champs catalauniens ; ce récit, souvent très détaillé, occupe largement un tiers de cette section. La quatrième partie (c. 48-60) au contraire, est consacrée à l'histoire des Ostrogoths, depuis Hermanric. Après avoir parlé de leur défaite par les Huns, de la race d'Hermanric et de la mort d'Attila, il raconte leur réception dans l'empire romain et fait le récit de leur. histoire ultérieure sous Théodemir, ainsi que celui de l'expédition de Théodoric contre Odoacre. Vient ensuite, en traits de peu d’étendue, l'histoire de l'empire fondé par Théodoric, jusqu'à la soumission de Vitiza sous Justinien ; les deux derniers chapitres, et, pour le moins, le récit depuis la fin de l’histoire de la mort d Athalaric, appartient à Jordanès seul, qui l’a puisé principalement dans Marcellinus Comes. |
Ce travail de Jordanèsest sans doute imparfait; il ressemble à une mosaïque composée de pièces grandes et pelites, souvent mal reliées ensemble et parfois sans soudure (1); ces quatre. parties principales ne sont pas même tranchées suffisamment par le récit; mais, quelque imparfait qu'il soit, on y revoit du moins l’idée qui dominait et vivifiait l'ouvrage tout entier de Cassiodore, idée qui lui donnait une plus grande unité intérieure ainsi qu'un intérêt tout particulier. Elle est aussi connue de l’abréviateur qui se l'est appropriée, je dirai plus, qui, d’après des circonstances à lui personnelles et d’après celles de l’époque où il composait le livre, lui a imprimé une tournure toute particulière. Mais la tendance de Cassiodore était même dans ce livre, ainsi que l'a démontré Kæpke, ce qu’elle avait été dans sa carrière