Par exemple, cette eau sale, v. |. IT, c. 34 à la fin
3. Il laisse échapper cette exclamation : « O theriacam inerrabilem, o pigmentum ineffabile, o antidotum laudabile, o purgatorium, ut ita dicam, caeleste, quod medicorum vincit argutias, » etc.
4. Remarquons que, pendant une épizootie, l’on traçait le signe de la croix sur le front et sur le dos des animaux avec de l'huile des lampes de la basilique du saint (1. IIL, c. 48). On employait donc un moyen semblable à celui que préconise le poème d'Endéléchius (v. p. 338). Cf. la cure des chevaux, |. III, c. 33.
Martin ({). On trouve indiquée, à la fin du livre, son utilité pratique qui en montre la tendance édifiante : « Ces miracles doivent faire voir au lecteur qu'il ne peut se sauver que par la protection des martyrs et des autres amis de Dieu. »
Dans la composition de cet ouvrage, comme dans celle des livres qui sont consacrés à la glorification de saint Martin, saint Grégoire avait encore un intérèt personnel; saint Julien en cffet n'avait-il pas été son patron ? Ce n'était plus le cas pour l'ouvrage qu’il composa ensuite, en 586-87, et qui a pour titre, De gloria martyrum. Écrire des hagiographies était passé chez lui, on le voit, à l’état de besoin : c’est ce qu'explique le prologue qui précède cet ouvrage ; il se rapporte seulement à ce livre (2), et non pas au recueil hagiographique (3). Saint Grégoire y oppose la composition des légendes à la poésie mythologique des païens; la première convient au chrétien. Il n’a pas tort assurément, mais, dans un sens auquel saint Grégoire n’a pas pensé : chez lui, ce parallèle signifie que la littérature édifiante des légendes est une littérature chrétienne, destinée à faire le charme de l'imagination et de la conversation. Ici, il veut raconter également les miracles des saints, lesquels sont restés cachés jusqu'à ce jour. Il ne se borne pas néanmoins à ces nouvelles ecclésiastiques ; il ne pouvait même pas avoir l'intention de le faire, il trouve en effet quelquefois le récit d'événements depuis longtemps connus de tout le monde : il a puisé, par exemple, dans le Péristéphanon de Prudence (ch. 41, 43, 91, 93), dans les Natalitia de saint Paulin (c. 404); il indique ces sources et il cite des passages de ces auteurs. Il débute par des miracles qui se rapportent à Jésus-Christ et parle même de ceux que le Sauveur a opérés lui-même ; il raconte, par exemple, qu'on peut voir encore, à Bethléem, dans un puits, l'étoile qui guida les Mages; c'est son diacre qui le lui a rapporté et il l'avait vue de ses yeux ; il fait le récit des miracles opérés par les reliques de la
4. On y trouve, il est vrai, çà et là des particulanités remarquables, par exemple, le récit du magicien qui voulait guérir un jeune homme, c. 45. . 2. C'est ce que montre clairement ja fin de ce prologue ; l'auteur y fait allusion aux miracles de l'Évangile, qu’il raconie dès le début du livre.
3. Quoique le livre soit à la tête de ce recueil hagiographique.
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vraie croix, dans le couvent de sainte Radegonde (c. 5); de ceux qui se rattachent aux saints clous, à la couronne d’épines, etc.; de ceux qui eurent lieu plus tard concernant des tableaux du Christ. Il rapporte notamment (c. 22) que, dans une église, un Juif pratique, pendant la nuit, un trou dans un de ces tableaux ; le sang en découla aussitôt, en sorte que ce fut la trace du sang qui trahit le Juif; ilavait, en effet, remporté le tableau chez lui pour le brüler. Ce récit est plein d’intérèt par rapport à l'histoire si souvent traitée, au moyen âge, de la sainte Hostie percée par un juif. À ces miracles relatifs à Notre-Seigneur viennent se rattacher ceux qui ont été opérés par la sainte Vierge et les Apôtres, surtout par leurs reliques, dont l’auteur raconte ici plusieurs traits peu connus. Après avoir parlé encore d'un certain nombre d'autres martyrs et de leurs miracles, l’auteur passe à saint Saturnin (c. 48) et, par lui, aux martyrs de la Gaule, auxquels il consacre la majeure partie de la deuxième moitié du livre. Ce sont leurs miracles qui forment ici le sujet principal du récit (1). A la fin, l’auteur propose dans les martyrs, un exemple moral à imiter ; chaque homme en particulier, dit-il, armé de la croix et combattant contre les vices, peut prétendre à la couronne du martyre.
Ce livre est sans contredit plus intéressant que les précédents, car 1l contient des données dignes d'attention. Celui qu'il composa immédiatement après (586-88) et qui a pour titre, De gloria confessorum, en est comme une sorte de continuation. Dans celui-ci, ce ne sont plus des martyrs, mais d'autres Saints qui sont les héros des miracles moins éclatants qu'il raconte. Ces confesseurs apparliennent, eux aussi, à la Gaule, à la région de Tours en particulier, à celle d'Averna et aux pays environnants ; les sources consistent ici davantage dans la tradition orale; saint Grégoire le dit expressément
1. C'est ainsi que saint Grégoire dit, à la fin du ce. 404, après avoir parlé de saint Félix de Nole : « Sed ad Galliarum martyres recurramus. » Parmi les légendes de martyrs n’appartenant pas à la Gaule, faisons remarquer celle de sainte Eulalie de Mérida (ce, 91). et celle des sept dormants (c. 95), qui se trouverait ici pour la première fois dans la littérature de l'Occident. A la fin, l’auteur renvoie à une traduction latine de leur « Passion, » qu'il a faite lui-même avec l'aide d’un Syrien.
pour quelques unes d'entre elles. Parmi ces picuses anecdotes elles-mêmes, nous trouvons maints détails pleins d’attrait au point de vue de l’histoire de la civilisation, par exemple, ce qu'il dit, dès le début (c. 2), touchant une tradition païenne remarquable et à laquelle le peuple de la campagne tenait encore; cette tradition fut christianisée au profit d'une église de saint Hilaire. Le prologue de ce livre, qui ne fut écrit que plus tard (v. Monod, p. 44, rem. 3), est également remarquable en ce qu'il nous montre les plaintes que fait entendre saint Grégoire au sujet de son ignorance de la grammaire (1). Dans le même temps que saint Grégoire composait ces livres de miracles, comme aussi plus tard, il écrivit encore différentes Vies de Saints qu'il édita d'abord à part : il en cite quelques-unes dans son Histoire des Francs. Il les réunit ultérieurement en un tout et les publia sous le titre de Vitae patrum. Plus tard, il enclava ce livre dans son recueil hagiographique, à la septième place, et, à cette occasion, il changea le titre de VAE patrum en celui de VitA patrum (2). C’est alors seulement qu'il écrivit la préface qui précède le livre. Il y compare ce dernier avec le livre qui a pour titre : De gloria confessorum. Dè mème que, dans celui-ci, il n’a pas fait que raconter des miracles opérés par les saints après leur mort, mais que, pour quelques-uns, 1l a dit, d’une manière rapide il est vrai, ceux qu'ils ont faits pendant leur vie; de même, dans celui-là, il n’a fait que décrire, mais avec plus de détails, les actions accomplies par les saints pendant leur vie. Ce livre concorde également avec celui-là par ce fait (l’auteur lui-même
1. .… « Saepius pro masculinis feminea, pro femineis neutra et pro neutris masculina commutas : qui ipsas quoque praepositiones, quas nobilium dictatorum observari sanxit auctoritas, loco debito plerumque non locas, nam pro ablativis accusaliva et rursum pro accusativis ablativa ponis. » C’est ainsi qu'il s'adresse à lui-même la parole, Le genre neutre y parait remplacé par le genre masculin; la préposition in est jointe à l’ablatf, là où elle appellerait l’accusatif.
2, C’est ainsi que je comprends ce qu'il dit, quand il se demande, dans la préface du livre, s’il faut employer le mot otta au pluriel ou au singulier ; je m'appuie, d'un côté, sur le passage de l'Histoire des Francs cité plus haut (p. 610, rem. 1), et, de l’autre, sur celui qui est contenu dans la préface du livre De gloria confessorum (v. p, 610, rem. 2).