De viris illustr., c
D'origine païenne, il avait, nous dit le même docteur (1), combattu d’abord le christianisme ; puis, après sa conversion et pour donner un gage de sa sincérité, il avait composé un ouvrage apologétique, les Sept livres contre les païens, Adversus nationes (2), libri VIT. Cela n'est pas invraisemblable, car l’ouvrage même, écrit probablement peu de temps après la persécution de Dioclétien (3) montre qu'Arnobe n'avait pas alors entièrement dépouillé les restes du paganisme. Nous y trouvons notamment maintes opinions spéculatives complètement contraires à la doctrine chrétienne. On peut bien démêler, à travers les explications de l'ouvrage, comment Arnobe fut gagné au christianisme. Ïl est même fort intéressant de constater que la route par laquelle il y arriva est celle qu’avaient prise la plupart des lettrés de cette époque. Ce ne fut pas un besoin derédemption, comme pour saint Cyprien, niles qualités particulières du christianisme qui donnèrent à la conversion d'Arnobe la première impulsion : ce fut plutôt le manque de solidité du paganisme. Le polythéisme de la religion nationale était immoral autant qu’absurde ; il s’en détacha lorsqu'il vit qu’une explication même allégorique de ces choses ne conduisait qu'à des contradictions ridicules. Alors et avant tout, le monothéisme des chrétiens frappe son altention ; maisil faut reconnaître qu'il ne sut pas d’abord le comprendre dans toute sa pureté. Un autre motif de conversion, tiré de la promesse d'immortalité que le christianisme offrait à ses adeptes, vint