Chron. Eus. ad ann. XX Constantini
2. Ainsi d'après le manuscrit unique, S. Jérôme dit (De vér. illustr., 1. c.) : « Scripsit adversus gentes quæ vulgo extant volumina. » Cette maaière de s’exprimer ne semble pas indiquer qu'il faille voir là une citation exacte.
3. Il y fait manifestement allusion au 36e chapitre du livre quatrième, lorsqu'il parle des livres des chrétiens jetés aux flammes. V. là-dessus Eusèbe, Hist. ecclés., VIII, 2. Le passage du livre II, c. 6 « quod cum genera pœnarum tanta sint, » montre qu'à l’époque de la composition de l'ouvrage, le temps de la ‘persécution que dirigeait l’État ne semblait pas irrévocablement fini. L'ouvrage est donc composé dans les dix premières ‘années du iv siècle, Le calcul approximatif de l'existence du christianisme qui, dans l’ouvrage (1. I, c. 13), est donné seulement d’après les siècles, concorde pleinement avec cette donnée. Toutes les ‘autres indications relatives à cette question n’y contredisent pas, comme il serait facile de le démontrer. V, aussi OEhler, Prolegg., p. 11 et s.
s'ajouter au premier : une telle récompense fut un appt pour Arnobe. L'espérance, appuyée sur la foi, pouvait lui offrir pour l'avenir de l'âme cette tranquillité, qu'il n'avait pu trouver sur le terrain de la spéculation. A ses yeux, la philosophie, dont les systèmes divers et contradictoires laissaient nombre de ses disciplés dans l'incertitude et le doute (1), n'avait pas pu lui remplacer la religion. Lorsqu'il s’agit du salut de l'âme, s’écrie-t-il en s'appuyant sur Epictète (2), il est bien permis de faire quelque chose mème sans raison, ratio.
L'ouvrage considérable d'Arnobe revêt, dans ses deux premiers livres, un caractère plutôt apologétique, et, dans les cinq derniers, un caractère polémique. Arnobe part aussi de cette vieille accusation des païens contre le christianisme, d'après laquelle lareligion chrétienne est responsable de toutes les calamités de l'heure présente. Nous avons vu que saint Cyprien consacra à la réfutation de cette absurdité une défense spéciale. À son tour, Arnobe y consacre son ouvrage ; voici de quelle manière. Les païens se plaignaient d’abord que, depuis le christianisme, la nature s'était complètement changée et que le monde tombait en ruines; ils rendaient donc le christianisme responsable des épidémies, de la sécheresse, des mauvaises récoltes, des dégâts occasionnés par la grêle, les sauterelles et autres fléaux. Arnobe n’a pas de peine à montrer que les mêmes lois de la nature règnent encore et que, bien avant le christianisme, de telles calamités nationales ravagèrent le monde. Ils se plaignaient en particulier de la guerre et des maux que les hommes sc faisaient centre eux. Arnobe les reporte à l’époque qui précéda le christianisme et qui eut à souffrir de bien plus terribles châtiments. Le christianisme, qui compte tant de partisans, doit au contraire adoucir ces souffrances par sa doctrine, qui nous enseigne à ne pas rendre le mal pour le mal, ct à souffrir l'injustice plutôt quo de la causer, Enfin (et c'était le principal sujet de ces accusations insensées), le christianisme avait chassé les dieux : leur colère était donc la cause de toutes ces calamités. Dans son apologie