DE NATURA RERUM. SENTENTIARUM LIBRI, ETC
fait Ie méme travail sur le Cantique des cantiques. Un écrit apologético-polémique de notre auteur, je veux dire, ses deux livres contre les Juifs, contra Judaeos (1), mérite également d’être cité, par le seul fait qu'il a été, de bonne heure, traduit en plusieurs langues vulgaires, en allemand notamment, el parce qu’il dut avoir en outre beaucoup d'actualité dans son temps, précisément à cetle époque où une persécution terrible sévissait en Espagne contre les Juifs. Saint Isidore le dédia luimême à sa sœur Florentina. Ainsi qu'il l'annonce, dans la préface du premier livre, l’auteur ne veut exposer ici qu’un petit nombre des prédictions relatives au Sauveur contenues dans l’Ancien Testament ; son intention est de fortifer la foi des chrétiens par l'autorité des Prophèies et de montrer, par elle aussi, l'ignorance des Juifs incrédules. Il cite donc, en les expliquant, en certain nombre de ces passages de la Bible relatifs à l’incarnation, à la naissance, aux miracles, à la passion et à la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ. Dans le deuxième livre, au contraire, il montre, sous la même forme, la vocation des Gentils qui passent avant les Juifs, et il fait voir que, par le Nouveau Testament, l’ancienne loi a reçu son parfait accomplissement.
Les deux livres, De officus ecclesiasticis, ont un caractère plus indépendant et méritent d'attirer un peu plus notre attention. Sous ce terme d’« offices, » officia, nous devons comprendre ici le service de l’église, les actes du culte. Pour répondre au vœu de l’évêque Fulgence, l’auteur veut, ainsi que le dit la préface, faire connaître d’abord l'origine de ces offices, en s'appuyant sur les plus anciens écrits qu'il a commentés à mesure que l'occasion s’en présentait. L'exposition lui appartient en propre presque partout; çà et là seulement il a entremêlé quelques citations textuelles, à cause de leur autorité. Après avoir fait ensuite remarquer que les offices reposent en partie sur l'Écriture sainte eten partie sur latradition, saint Isidore traite de l’Église, du chant ecclésiastique et de ses différents genres (et cette partie est capitale pour l'histoire de la poésie chrétienne), des leçons, de la sainte Écriture