HISTORIA DE WAMBAE EXPEDITIONE
lieu en Gaule à l’époque du roi Wamba (1). » Tel est, en effet, le titre donné à cet ouvrage par Félix, biographe de Julien. C’est l’histoire de la révolution qui éclata en Septimanie dès le début du règne de Wamba, révolution qui fut étouffée, en 673, par la hardiesse et la bravoure de ce dernier roi des Visigoths. Ce livre fut, à n'en pas douter, écrit peu de temnps après les événements : c'est ce qui ressort de son caractère tout entier. Il nous fait un récit suivi, plein de vie, et riche de détails : ces qualités nous révèlent, en l’auteur, un élève des anciens (2); comme eux, il enclave fréquemment des discours,
dont quelques-uns du moins sont de purs produits de la rhé- torique (3), tandis que d’autres, plus courts, reposent pour le fond sur la tradition. Ce livre, qui témoigne d’une rare unité de composition et qui est étranger au sujet pour ne poursuivre qu'une idée du commencement à la fin, est un phénomène étonnant de narration historique, à cette époque. L'idée que l’auteur poursuit est la suivante, d’après le début et la fin de l'ouvrage lui-même : enflammer les hommes, surtout les jeunes gens, de l'amour de la vertu et donner un exemple aux méchants par la chute des séditieux. L'homme qui est le type de la vertu, c’est le roi. Cette narration reçoit ainsi un certain coloris propre au panégyrique; elle n’a pour but que la glorification de la victoire de Wamba. En maints passages, on y trouve déjà cette éloquence, qui est le propre des historiens classiques postérieurs de la littérature nationale espagnole et qui dégénère en pathos, comme, par exemple, dans l'expression des sentiments hostiles contre la Gaule visigothe. Ce livre de Julien atteste, bien plus que la versification antico-métrique d'Eugène, que les lettres de la péninsule ibérique, dont les plus illustres représentants étaient les évêques de Tolède, avaient conservé une culture antico-tradi-
4. « Item librum historiae de eo quod Wambae principis tempore Galliis extilit gestum. »
2. On y trouve même une phrase comme la suivante : « Jam solis croceum liquerat aurora cubile. » Les descriptions (par exemple, celle de la conquête de Nimes), montrent fréquemment un art véritable dans la narration,
3. Comme, par exemple, le discours de Wamba, dès le début de la cam-
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