SAINT COLUMBAN. ANTIPHONAIRE DE BANGOR
Les lettres se meurent en France avec Grégoire de Tours à la fin du vi° siècle; avec saint Grégoire le Grand, en Italie, au commencement du vu°; et en Espagne, vers le milieu de ce même siècle; avec elles la culture scientifique tombe au dernier degré, dans le premier de ces pays; elle devient le partage de quelques cercles du clergé seul, dans le dernier; et, quant à l'Italie, elle s’y maintient jusqu'à un certain degré, mais elle y reste dans un état de stérilité complète. Or c'est dans la deuxième moitié du vu siècle et pendant que cette décadence s’accomplit que nous voyons la littérature chrétienne-latine s'implanter sur un autre sol tout nouveau et fertile, à savoir chez un peuple des Germains établi à l’extrémité du nord de l'Occident, aussi loin que s'était étendu autrefois l’Empire romain. Les Anglo-Saxons deviennent main-
4. Mabillon, op. cit., p. 108 sq. On lui attribue encore la vie de Bertulf, troisième abbé de Bobbio, mise à faux sur le compte de Bède, et, de plus, celle de l’abbesse Burgundofara (Mabillon, p. 150 sq. et 420 sq.); cette opinion a pour elle des motifs extrinsèques; mais, pour le fond et la forme, ces deux vies sont bien loin d’atteindre à la hauteur des autres.