ANTIPHONAIRE DE BANGOR
mètre ambrosien, à strophes monorimes dont le nombre de vers varie tout comme dans les tirades du vieux français (1) ; il ya un refrain de quatre lignes monorimes et du même rythme, dont deux seulement, après la première strophe, sont répétées chaque fois. Faisons remarquer encore que dans les deux strophes À et D, tous les vers commencent par la lettre correspondante. On trouve encore, dans cet antiphonaire, un poème qui a pour titre, Memoria abbatum nostrorum, et qui est consacré à la louange des abbés du monastère à partir de saint Comgill jusqu’à Cronanus ; il est écrit en strophes monorimes de six à huit lignes et dans le même rythme, avec un refrain de deux lignes accouplées par la rime. Enfin l'hymne le plus curieux dans la forme, le plus antique peut-être et, en même temps, le plus riche de poésie est un panégyrique du monastère de Bangor, Versiculi familiae Benchuir; les strophes ont quatre lignes d’un rythme correspondant au dimètre iambique catalectique, tel que l’a employé Prudence dans le Cathemerinon (v. p. 280) et à rime féminine croisée, qui se confond encore il est vrai, en partie, avec l'assonance. Remarquons en outre que, malgré l'abandon de la quantité, la lutte entre l'accent du mot et l'accent du vers est aussi très générale dans ces poèmes; dans le dernier, elle fait presque encore règle, à part la syllabe qui a la rime bien entendu (2).
1. Il yen a huit en général, mais quelquefois dix et quinze. 2. Citons un exemple qui montre en mème temps l'effacement, habituel ici, de l'i devant un autre i:
Navis numquäm turbâta Quamvis fluctibus t6nsa Nuptiis quaqué paräta, Regi domino sp6nsa.
[585.] SAINT ALDHELME 655