STYLE. POÈMES RYTHMIQUES
cette époque {4), et ainsi que nous les trouvons dans les hymnes rythmiques qui se développèrent sur le mètre ambrosien (2); ici même, on voit apparaître assez fréquemment, sans qu'Aldhelme y aspire, le dimètre iambique purement métrique. Maïs ce qui est extrèmement remarquable, c’est que, dans ce poème qui a cent lignes, les vers sont déjà à rime accouplée (3), bien que, quelquefois, la rime se répète de suite, Avec cela, la rime est complète; elle s’étend déjà à deux et même à trois syllabes (4). L’allitération, conduite jusqu'à la fin du poème, est, en certains endroits, amoncelée à profusion, en vue de produire apparemment un effet oratoire quelconque (5). Du reste, dès que l’on considère ce poème à son vrai point de vue de poème d'occasion et humoristique, on le trouve plein d'attraits et sa forme montre en même temps combien l'auteur trouvait du plaisir à ces artifices du mètre; par là, il se rapproche, d'une manière curieuse, ainsi que j'espère le montrer dans la suite, de la poésie nationale anglo-saxonne dans laquelle on dit qu'il s'essaya lui-mème. Outre ces ouvrages importants au point de vue de l’histoire littéraire, nous possédons encore d'Aldhelme quelques lettres assez précieuses pour l’histoire, et un poème en vers hexa-
1. Comme nous le voyons dans une lettre d’un autre anglo-saxon, Aedilwald, qui a composé de semblables poèmes, dont l’un nous a été conservé ; l'auteur y dit : « Non pedum mensura elucubratum, sed octonis syllabis in uno quolibet vorsu compositis. » Dans Jaffé, I. c., p. 37.
2. V. plus haut, p. 692 et 654; Aldhelme y dit de ce poème, quoiqu'en plaisantant : « Ymnista carmen cecini, Z. 3.
3. De sorte que, d’après l'avis des métriciens anglo-saxons et de Bède et d’après la terminologie qu'ils adoptent (v. plus haut, p. 195, rem. 2 et cf. plus loin, p. 683) les versiculi d'un vers riment toujours ensemble, comme aussi, dans le poème d'Aldhelme et dans ceux qui s’y rattachent d’après le manuscrit, les rimes accouplées forment une ligne. Zarneke a déjà fait remarquer comment Aldhelme emploie parfois l'harmonie dans sa prose poétique : « Zwei mittelalterl. Abhandi. ueber den Bau rythmischer Verse » in den Berichten der Koen. saechs. Ges. d. Wiss. philol. histor, KI. vol. 23.
&. Par exemple : inormia-informia, atrociter-ferociter.