‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 333 sur 352 · Cir. Dei, XV, c. 13, auquel se rapporte Bède · texte numérisé non relu

Cir. Dei, XV, c. 13, auquel se rapporte Bède

également bien plus développé que son prédécesseur (1). La Bretagne, et c'était justice, trouve une place spéciale dans son livre, surtout pour les dernières décades et Bède y parle encore de la mission de Théodore et des voyages à Rome entrepris par les Angles (2).

Signalons ensuite, comme reliés à cette chronique, les quatre chapitres de l'ouvrage De temporum ratione, dans lesquels l’auteur traite brièvement « du reste du sixième âge du monde, de l'époque de l'arrivée de Jésus. Christ comme de celle de l’Antechrist, du jugement dernier et des septième et huitième âges du monde. » Il y combat surtout (c.67) l'opinion prétendant que la diversité de calcul des années du monde, d'après l'original hébreu ou d’après les Septante, pourrait avancer ou retarder en quoi que ce soit le jugement dernier; c'est là un secret de Dieu, et l’on ne saurait déterminer ce jour du jugement. Prétendre, en effet, qu'après six mille ans ce monde finira, parce que le nombre des millénaires, dans la durée des années du monde, doit correspondre aux six jours de la création, c'est se baser sur un calcul sans fondement. Les jours de la création se rapportent bien plutôt aux âges du monde, et, parmi ces derniers, chacun ne comprend pas mille ans : au contraire les uns ont plus, les autres moins d'années (3). Les deux signes les plus certains de l’approche du jugement dernier seraient la conversion des Juifs et le règne de l’Antechrist (c. 69). Le septième âge du monde est celui du sabbat éternel; le huitième, celui de la bienheureuse résurrection. Les âges

1. Je ferai remarquer, comme intéressant pour la tradition de Pilate, que Bède, au commencement du sixième âge du monde (dans Giles, VI, p. 301 et s.) parle de l'exil, à Vienne, d'Archélaüs, fils d'Hérode, ainsi que du suicide de Pilate.

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