‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 335 sur 352 · Dans Mone, op. c., I, p · texte numérisé non relu

Dans Mone, op. c., I, p

certain sens, se trouve également employée, maïs sans la même signification, dans une hymne pour le jour des saints Innocents, et c'est apparemment pour cela que cette hymne a été attribuée à Bède (1). Nous avons déjà étudié plus haut le fond du poème sur les miracles de saint Cuthbert ; quant à la forme, nous devons dire que le style poétique, libre d'enflure, et parfois d'un goût tout exquis (2), nous fournit, ainsi que l'hexamètre, qui souvent est bien frappé, un nouveau témoignage de la rare culture à laquelle Bède était parvenu, quoique cependant ces vers soient loin de dénoter un génie poétique. Bède s’est aussi occupé de la poésie et de l'éloquence, au point de vue théorique ; outre un opuscule sur l'orthographe et un livre intitulé De schematis et tropis sacrae scripturae, dans lequel il définit une à une ces formes de la rhétorique, et il les explique par des exemples de la Bible, plus riche qu’aucun autre livre en ce genre de style (3). Bède a com posé encore un petit traité sur la métrique, De arte metrica, auquel il avait raitaché, comme appendice, le livre que nous avons cité en dernier lieu. Ce traité est beaucoup plus intéressant que les deux autres ; il ne se compose sans doute, en grande partie, que d'extraits empruntés aux auteurs anciens, qui se sont occupés de métrique, et surtout à Victorin ; mais il offre néanmoins, soit par les citations de passages pris aux poètes chrétien-latins, soit par la manière d'expliquer certains.détails, plusieurs particularités importantes au point de vue de l’histoire de la littérature (4) : cette explication fit loi dans la suite, eu grande partie, sans qu'elle fût pourtant personnelle à l’au-

1. Les poèmes que Giles (I, p. 54 sq.) imprime, chose étrange, sous le titre d’'hymnes, à savoir les poèmes De ratione temporum, De celebritate quattuor temporum, De variis computi regulis, sont des versifications postérieures de parties du grand ouvrage chronologique de Bède, versifications qu'il est absurde d’attribuer à Bède lui-même. On y reviendra en un autre endroit, à la suite de cet ouvrage.

‘2. L’allitération ne s'y trouve que rarement employée d'une manière frappante.

3. Bède se rattache à Cassiodore dans cette manière de voir; v. plus haut, p. 539. Il est étrange de le voir identifier la Vulgate avec l'original et lui emprunter les exemples pour l’homéotéleute,.

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