CHAPITRE V
Le dernier écrivain en prose de celte période, Lacranrius Firmiaxts (2), dont le nom dénote peut-êlre une origine italique (3) est, d'après saint Jérôme (4), un élève d'Arnobe: ses
auteur fut aussi éveillé par rapport à la matière qu'il traite, par la richesse des notices mythologiques que contient son ouvrage. À I,c. 58els.
2. « Ficmiani Lactanlii opera, ad oplinn. libror. fidem emend. 0. F. Fritzsche 2 Partes. (Bibli. patr. cur, Gersdorf, voi. X-XI.) Leipzig, 1842-44 ; Le Nourry, Apparatus ad Bibliothecam maxim. reterum patrum, L. Il, Paris, 1715, fol. ; A. Ebert, Sur l'auteur du livre « De mortibus persecutorum, » dans le XX1I* vol. des Comptes-rendus de l'Académie des sciences de Saxe,
3. Les manuscrits de ses ouvrages font précèder son nom de : Lurius Cæcilius, ou Cælius, 4. De vir. rl, c, 80 ; Epist. 70; Ad Magnum.
écrits le montrent bien peu. Sa latinité pure pourrait bien au contraire confirmer l'origine dont nous parlons. De l'Afrique, où il avait fait ses études et où il avait dù déjà se distinguer, Dioclétien l'appela comme professeur d'éloquence latine à Nicomédie, qu'il venait de choisir comme capitale. Ilavait peu d'élèves dans cette ville grecque ; il se consacra donc d'autant plus à la profession d'écrivain, qu'il nous avoue Jui-mème (1) manquer de talent et de préparation pour l’'éloquence pratique. Or, comme écrivain, il s'était déjà essayé dans la prose el dans la poésie: jeune homme, il avait composé un Symposium et décrit, en hexamètres, sa traversée d'Afrique à Nicomédie. C'est peut-être alors qu'il composa aussi son livre Grammaticus qui, pas plus que les deux précédents, n’est parvenu jusqu à nous. Ce fut à Nicomédie, et même avant la perséculion de Dioclétien (2), qu’il embrassa le christianisme ; il était apparemment peu satisfait de ses études philosophiques auxque!les, d'après l'exemple de Cicéron, il s'était consacré à ses heures de loisir forcé (3). Dans le christianisme, il trouva unc autre philosophie, et c'était la vraie. C’est à elle qu'il consacra désormais son activité d'écrivain, quifut très productive. De tous ses ouvrages néanmoins, il ne nous est parvenu que ceux dont nous parlons plus loin, tandis qu'une série d'autres travaux, notamment huit livres de lettres sur des sujets plutôt scientifiques et profanes que théologiques (4), sont aussi perdus. Après le commencement de la persécution, Lactance renonça à sa chaire de professeur (5). Plus tard, d'après saint Jérôme, il fut, en Gaule, dans sa vicillesse, précepteur de Crispus, fils de Constantin. Nous ne savons rien de l'époque de sa mort.
A. Div. Inst. II, ec. 13, et cf. D: opific., ©. 20.
2. Cela ressort évidemment de la Div. Inst, V, c. 2, surtout des passages : « Ego cum in Bithynia, » etc. et: « nam si qui nostrorum, » elc.
3, V. là-dessus en particulier Div. Inst., 1, c. 1.
4. V. là-dessus spécialement S. Jérôme, Opera, 1, 1, Epist. 35, Damast ad Hieron. ; on y trouvait traitées des questions de philosophie, de métrique et de géographie. — Qu'on ait attribué à Lactance, avec plus ou moins de raison, quelques poésies que nous possédons, c'est ce que nous aurons l'occasion d'exposer plus loin.