‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 35 sur 352 · Epist. 58 Ad Paulinum · texte numérisé non relu

Epist. 58 Ad Paulinum

5. Ce que confirment les éloges de quelques philologues classiques, comme Orcii, Bæbr, dont je ne saurais suivre l'avis. Leur intérêt pour cet

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christianisme n'avait pas pu opérer en lui un changement intérieur. Nulle part l'âme n'a influé sur l'expression. Chose curieuse, c'est Arnobe qui, en défendant les écrits primitifs du christianisme par rapport à leurs expressions (1), a formulé cette pensée, adoptée ensuite par maints auteurs chrétiens :

« Quand il s’agit de choses sans ostentation, il faut regarder le fond et non la grâce de la forme ; il ne faut point se préoccuper de ce qui est mélodie pour l'oreille, mais de l'utilité

des auditeurs: la vérité méprise le fard. » Voilà ce qu'a dit:

Arnobe et pourtant il est resté lui-même fidèle à ses habitudes de rhéteur et il a conservé, jusque dans son apologie, la

pompe du discours, qu'il voulait qu'on abandonnât au forum .

et aux tribunaux. Mais si l’on trouve dans son vocabulaire des traces de ce langage bas et trivial, trivralis et sordidus sermo, blâmé, comme 1l l'observe, par les païens, 1l ne faut pas mettre ces expressions sur le compte de son christianisme, mais accuser son goût peu châtié : 1l les emprunte, en partie, à la langue de la conversation qui a toujours une couleur légèrement provinciale, et, en partie, à des auteurs surannés, comme il était de mode à cette époque.

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