ÉPIGRAMMES
de leur intercession et surtout la glorification de leurs tombeaux, à laquelle il nous exhorte, étaient en honneur ; et, en outre, ces poèmes nous montrent les premiers débuts, en vers, d'une poésie consacrée à la légende. Car, en dehors de ces inscriptions dédiées aux martyrs, nous possédons des copies d’autres épigrammes de ce pape, qui célèbrent la gloire des saints et des martyrs, sans que, pour cela, elles fussent destinées à être gravées sur la pierre ; non seulement le style, mais encore le nom de l'auteur qu’elles rapportent et qui implore pour lui l'intercession des saints, leur donnent un caractère sérieux d'authenticité. Il faut ranger ici une épigramme plus développée (26 hexam.) en l'honneur de saint Paul et qui servait d'introduction à ses Épîtres. Saint Damase doit avoir composé un certain nombre d'épigrammes de ce genre, car il avait la passion de cette sorte de poésie et l’occasion de faire. graver ses vers sur la pierre ne s’offrait pas si fréquemment. Saint Jérome, si près de lui, nous assure expressément, en outre, que saint Damase « édita beaucoup » de poèmes courts, en hexamètres (1). Son style, qui s'était façonné à ce genre, le prouve aussi. Saint Damase écrivit également, en vers etenprose, sur la virginité, nous dit saint Jérôme dans une de ses lettres à Eustochium (2), sans faire allusion soit à la forme, soit au genre de celte poésie, dont nous ne connaissons d'ailleurs absolument rien (3).
4. De vir. illustr., c. 103. L'édition cominune dit, il est vrai « multaque et brevia metro edidit » (où metro devrait manifestement être rendu par « en vers »), mais la traduction grecque dit uétpw avec l'addition noix et un grand nombre de manuscrits de l'original latin confirment cette leçon. Cette addition doit d'autant plus sûrement être regardée comme originaire que la plupart des Epigrammes de saint Damase, nous l'avons dit, sont en purs hexamètres.
2. Ep. 22, $ 22. Ed. Vallarsi I, p. 106 : « et Papæ Damasi super bac re (sc. virgin.) versu prosaque composila. »
3. Ou bien saint Jérôme voudrait-il parler de l'Epigramme en l’honneur de sainte Agnès (c. 29)? — Les hymnes qu'on lui attribue en outre ne sont pas de Jui, v. plus loin.