V.c. 21,$4et ce. 22,8 1 et cf. c
près lequel le Christ est devenu la pierre angulaire ; c'est ainsi qu'il trouve une dénomination des bras de la croix (ce qui est du reste d'un grand intérêt archéologique) dans est êtrepos êtusoge. Une autre sentence mystique parle même du Dieu sauvé, lequel sera un libérateur de la souffrance, et Firmicus en prend occasion ‘pour faire une petite digression sur les souffrances du Christ (c. 21). Mais un symbole nous fait connaître l'auteur de cette imposture : taïpss Ôpamévres xat rabpou Spanwv ratée. À cela l’auteur rattache (c. 27) une exposition qui montre comment le démon a su tromper les hommes dans les actions symboliques dé ces mystères secrets, par l'imitation du « bois » qui portala rédemption à ces mêmes hommes : dans les Sacra de Cybèle, d'Isis et de Proserpine, c'est un arbre, en effet, qui joue un grand rôle. Il expose, d'autre part, la signification du bois dans l’Ancien-Testament, signification qui prépara peu à peu à celle de la croix. Mais, pendant que cette dernière porte le monde lui-même, le bois de Satan est brülé et, sur ce bois, l’on immole un bélier : c'est là une imitation trompeuse de l'Agneau, le Christ, dont l'Ancien- Testament fournit aussi des prototypes (1). Enfin, Firmicus montre (c. 28), en s'appuyant sur des oracles des prophètes, que les idoles n’ont rien de commun avec Dieu. Il se base alors sur une sentence de Jérémie (comme il le croit du moins, mais elle est de Baruch, c. 6, v. 50 et s.) pour exciter les empereurs à les faire fondre et à les convertir en monnaie; il leur offre ainsi l'autorité des prophètes afin de calmer en eux toute crainte basée sur la superstition. Il termine en indiquant les défenses faites par Dieu : ne point fabriquer d'idoles et ne point les vénérér : il se reporte notamment au chapitre XIIT du Deutéronome, où il est dit que Dieu n'épargnera pas le fils, le frère ni la femme de celui qui viole la loi. La sévérité des empereurs doit donc accomplir à la lettre les ordres de Dieu et poursuivre, de toutes manières, le crime d'idolâtrie (2). D'après le même passage de la Bible, Dieu leur promet, en
1. Ce chapitre 27 est d'un grand intérèt pour l’histoire de la typologie.
2. C'est pour cela, pense-t-il à un autre endroit (ce. 16), que Dieu leur a confié la puissance ; dans le but, sans doute, de sauver les païens qui courent à leur ruine.
[128.] SAINT HILAIRE. SA VIE 147 récompense, d'avoir pitié d'eux, et s’il a déjà si richement béni le règne de chacun d’eux, c’est à cause de leur foi.
Ainsi se termine l’opuscule : l’auteur l’a écrit avec ses idées juives; aussi son livre en est-il complètement pénétré, et ne s'appuie-t-il, en règle générale, que sur l’Ancien-Testament. La fin montre bien, en même temps, la tendance que Firmicus poursuit dans son travail ; il veut moins réfuter le paganisme que le dénoncer ; il veut faire voir qu'il n'y a, dans ces mystères, qu'un culte purement idolâtrique, c’est-à-dire l’adoration d'hommes déjà morts auxquels on élève des statues et auxquels on donne le nom des dieux ; il n’a d'autre but que de provoquer l'autorité de l’État à détruire aussi ce dernier asile du paganisme. C’est d'après ces données que s'explique complètement la composition du livre, quelque peu solide que soit la marche de l’auteur, quelques digressions tout à fait étrangères à la question qu'il se permette dans son récit, quelque peu d’uniformité enfin qu'il y ait dans son sujet.