DE ERRORE PROFANARUM RELIGIONUM
se rallachent à cette adoralion primitive de la Nature, il cherche à prouver que les deux premiers en particulier célèbrent le souvenir du destin tragique des hommes pervers. Il explique de la même manière les mystères des autres « superstitions, » comme ceux de Liber et de Libera, c'est-à-dire, ici, de Proserpine; cette dernière, fille de Cérès, femme elle-même d'Enna, fut enlevée par un riche paysan et périt en même temps que lui dans le lac Percus qu'il voulait traverser avec su voilure pour tâcher d'échapper aux poursuites (1). Firmicus mentionne ensuite brièvement le culte d’Adonis, de Sébaze et de Cabyre et montre comment la croyance à ces divinités impures repose seulement sur les penchants immoraux des hommes euxmêmes : ils se prévalent en effet des crimes de ces dieux pour colorer et excuser les leurs (c. 12). On devrait loger au théâtre de telles religions et changer les prêtres en comédiens! L’auteur, après avoir mentionné Sérapis, en qui on ne fait que révérer Joseph, l'arrière-petit-fils de Sara et « pour ne rien oublier » (c. 14); après avoir dit un mot des Pénates, de Vesta et du Palladium, recherche la formation des noms des dieux (c. 17) et en donne les étymologies les plus ridicules; ce sont les mêmes que celles qu'employait l'Evhémérisme, et il en tire parti, comme nous l’avons vu plus haut. Le mystère de la superstition doit donc aussi être enlevé de ces noms.
Vient alors un second chapitre principal, où l’auteur, traitant encore des mystères, essaye de faire connaître les Signa et les Symbola, qui sont autant de mots d'ordre par où les initiés se reconnaissent (c. 18 et s.). C'est le diable, dit-il, qui les a pris de la Bible, surtout des passages des prophètes se rapportant au Christ, et qui, par le vol joint à la fourberie, cherche, à l'aide d’une imitation dépravée, à corrompre la loi de l’ordre divin (2). C’est ainsi que le yaïpe viugre, yatpe vior çùs s'explique par l’appellation de fiancé donnée au Christ dans la Bible, et par sa parole « Je suis la lumière du monde ; » c'est ainsi que le 6eès ëx ré:pas contient le mystère sacré d'a-
1. L’explication détaillée de ce mythe et de ses Sacra (c. 7), montre à quelles ridicules absurdités pouvait conduire le système d Evhémère, en le poussant à bout.