‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 111 sur 311 · ODON DE CLUNY · texte numérisé non relu

ODON DE CLUNY

d'Aniane. Il portait avec lui une bibliothèque de cent volumes; aussi, fut-il nommé professeur de Técole du monasliin-, à cause de son érudition : plus tard, il fut ordonné prêtre. La grande autorité dont il jouissait auprès de son abbé et des moines de son ordre, le fit choisir, en 927, pour successeur de Bernon(l) dans trois des monastères, sur sept, qui étaient sous son obéissance; parmi eux, était Gluny, fondé autrefois par le vieux duc Guillaume^ bienfaiteur d'Odon. C'est là qu'Odon fixa sa résidence. Il déploya la plus grande activité à rétablir la règle de saint Benoit avec une rigueur encore plus grande, d'abord dans ses propres monastères; puis, sa réputation ayant grandi, il fut appelé à en réformer nombre d'autres, non seulement en France, mais encore en Italie. Ces monastères formèrent alors une congrégation, dont l'abbé de Cluny était le supérieur en qualité de « abbas generalis »; ces monastères, comme celui de Cluny depuis sa fondation, n'étaient pas sous la juridiction des évèques, mais relevaient directement du pape. C'est sur cette relation que se base la grande signification historique de ces monastères et d'Odon, signification qui se manifeste déjà de son vivant. C'est ainsi qce nous le voyons entreprendre trois fois le voyage de Rome, de 936 à 942, en partie dans le but de rétablir la paix, dans l'intérêt du pape et de l'Eglise, entre les souverains de l'Italie qui se disputaient Rome à cette époque. Après son troisième voyage, il retourna en France, et, pressentant sa fin prochaine, il se rendit au monastère de Saint-Julien de Tours, qui faisait partie de sa congrégation, afin de finir ses jours et de reposer dans la ville de saint Martin, où il avait débuté dans la carrière ecclésiastique. Il y mourut en 942.

On a attribué à Odon deux écrits sur la musique : l'un, Tonarim, a peu d'étendue ; Tautre est un ouvrage plus important, qui a pour titre : Dialogus de arte musica. Dans les manuscrits, l'auteur est désigné par cer mots « domnus Odo » ; mais l'auteur du second ouvrage ne peut pas être celui du premier, comme cela résulte du « dialogue sur la musique » (2).

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