Ce dernier venait de contracter une maladie mortelle
2. Dans ce dernier, en effet, il est parlé du Temrius comme étant l'ouvrag-e d'un autre auteur (domnus Odo) ».
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Il est même bien douteux que le Tonarius soit de lui ; quant au « Dialogue », il n'est assurément pas sorti de sa plume. Nous pouvons, par conséquent, passer ici ces écrits sous silence : au surplus, leur étude ne se rapporte que bien indirectement à notre histoire (1). Si Ton remarque toutefois que le deuxième ouvrage fut expressément attribué à notre Odon, encore au xn^ siècle (2), il est aisé devoir la grande réputation qu'il avait laissée comme professeur de musique.
Parmi ses chants d'église, un petit nombre est parvenu jusqu'à nous, il y en a un pour la communion, en hexamètres ; puis, une hymne, au mètre ambrosien, en l'honneur de sainte Marie-Madeleine, et une autre en l'honneur de saint Martin ; dans les deux on trouve la rime, mais sous une forme différente, tantôt comme rime géminée, tantôt comme rime croisée, tantôt enfin comme monorime (3).
Si nous disons un mot des trois livres de CoUationes d'Odon, ce nest qu'autant qu'ils jettent quelques rayons de lumière sur la culture morale de cette époque. L'ouvrage est composé par Odon, encore moine, à la prière de Turpion, évéque de Limoges^, qui n'avait pas une bien riche bibliothèque. L'auteur s'excuse lui-même, dans la dédicace, de l'avoir écrit un peu à la hâte. Dans cet ouvrage, Odon combat les trois vices principaux : la superbe, la luxure et la malice, notamment la deuxième, et surtout dans le clergé, quelle que soit la forme sous laquelle elle se présente, telle que le libertinage, la gourmandise, la manie de la parure. Comme Odon emprunte aussi à son époque (4) les exemples qu'il cite pour détourner de ces vices, et que, dans ces exemples, éclate la justice divine, il nous montre par là à quel point la vie cléricale laissait alors
1. V. Riemann [Op. c, p. 39 sq.), pour la valeur de ces deux écrits relativement à la notation au moyen de lettres.
2. ParTAnonymus Mellicensis, Script., c. LXV : « Otto, venerabilis abbas Cluniacensium, ardentissimus araator monasticae religionis, qui monachorum gemma, qui discipulorum gloria fuit, dialogum satis utilem De muska arte composuit. »
3. L'hymne éditée dans les Annales de Mabillori: « In honorem S. Martini à S. Odorie in extremis compositus », n'est sûrement pas de lui, ainsi .que le montre déjà la dernière strophe.
4. V., par ex., lib. II, c. xt, xxvi, xxix; lib. III, c, xx, xxi.