Du Méril, Op. c, p. 268 sq. — Dümmler, JV. A., p
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pourtant, lui aussi, une allure religieuse, et c'est précisément dans cette allure que se retrouve l'élément populaire. C'est un lied adressé à la garde deModène,pourrexhorter à avoir l'œil ouvert, à une époque où les Hongrois, ayant fait irruption en Italie, menaçaient la ville ; il fut com.posé vers l'au 924 (1), et en vers iambiques acatalectiques trimètres, reliés entre eux et formant neuf strophes de quatre lignes rimées d'un bout à l'autre (2). Dans ce poème^ nous rencontrons un mélange étrange de réminiscences antiques et d'expressions de piété tout à fait chrétiennes. « 0 toi — est-il dit dès le début — qui protèges ces murs par les armes, ne dors pas, je t'en conjure, mais fais bonne garde. Aussi longtemps que Hector fut vigilant à Troie, la Grèce, pleine de fourberie, ne prit pas la ville. » La ruse de Sinon ne fut couronnée de succès que lorsque Troie s'endormit. De sa voix vigilante, l'oie chassa les Gaulois du capitole : voilà pourquoi les Romains l'honorèrent comme une déesse, après l'avoir coulée en argent. Pour nous, nous adorons la divinité du Christ ; c'est en sa protection que nous avons confiance. Et au moyen de cette transition, le poète en vient à parler de la divinité du Fils de Dieu. En terminant, il exhorte la jeunesse, pleine de bravoure, à faire bonne garde. Eia vigila ! que l'écho retentisse le loîig des murs. — On serait tenté de croire que Fauteur de ce poème était aussi un ecclésiastique.
C'est encore à la fin de cette période qu'appartient sans doute un poème de plus longue haleine : il a pour sujet une Vision qu'avait eue un moine étranger, lors de son passage au monastère de Saint-Remi, à Reims. Ce poème (3 fut composé par Ansellus, scolastique du monastère de Fleurv, à la prière de Odon de Cluny, qui avait entendu, à Saint-Remi, le récit de cette vision. Il comprend cinq cent vingt-deux vers de huit syllabes, en dimètres iambiques rythmiques, rimes pour la plupart, mais non reliés en strophes (4). iS-ous y trouvons déjà