Ainsi que le prétend explicitement ['Histoire littéraire
206 LiTTÉHAiLKE latlnl: [193-194.
devant le préfet qui veut la faire sacrifier aux dieux. Elle se fait apporter son enfant. Celui-ci confesse le christianisme, tout comme sa mère, malgré les plus horribles tortures. Jetés en prison, ils convertissent quatre cent quarante -quatre païens ; ceux-ci souffrent ensuite avec eux la mort des martyrs. Cette passion est un produit purement littéraire et qui n'a d'autre intérêt que celui de la vénération qu'on avait encore longtemps après, en France, pour ce saint encore enfant (1). Du reste, ces ouvrages hag-iographiques d'Hucbald se disting-uent des autres ouvrages du même genre pour le style et pour Texpression ; ils témoignent de sa haute éducation intellectuelle.
Parmi les Vies les plus marquantes de cette période, il faut ranger encore celle d'un saint que nous avons déjà rencontré, comme auteur, dans la période précédente. J'ai nommé saint Rimbert, l'auteur de la Vie de Anscai^iiis {2). Rimbert, successeur de saint Ansgar sur le siège archiépiscopal de Hambourg, a aussi une grande importance comme missionnaire. Sa Vie{'i) a été écrite, dans la première décade du xe siècle, et avant 909 (4), peut-être par un moine de Corvey (o).
L'auteur débute par la fondation de Féglise et de l'archevêché de Hambourg, qui fut donné à Ansgar. Pour couvrir les frais, cette mission reçoit la « Celle de Thurholt )), en Gaule. C'est là qu'un jour, au milieu d'une troupe d'enfanls qui courent à l'église, Ansgar aperçoit Rimbert, qui se distingue de ses camarades par son maintien sérieux et recueilli. Ayant obtenu le consentement de ses parents, il lui coupe les cheveux et le fait instruire soigneusement dans les sciences, avec les élèves de la Celle (c. ni). Or, notre auteur donne cette élection de Rimbert par Ansgar comme l'œuvre d'une inspiration divine ; Ansgar en fut favorisé, en effet, dans ses visions
1. Car Quiricus (écrit aussi Cvi-icus) n'est autre que saint Cvr.