Hütoire poét. de Charlemagne, pag
2. Le moine nous raconte, par exemple (1. II, c. 14), comment Charlemagne arriva inopinément dans une ville située sur les cotes du midi de la Gaule, juste au moment où des barques normandes y abordaient pour reconnaître le pays et se préparer à une expédition de pirates. Charles reconnut les Normands qui sur le champ prirent la fuite, a comperlo quod ibidem esset, ut ipsi eum nuncupare solebant, Martellus Karolus, ne omnis armatura sua in illo aut retunderetur aut in minutissimas resoluta particulas disperiret. »
3. Notamment, par exemple, du poème : « Couronnement Louis. » C'est ainsi que s'explique en effet le récit extraordinaire mentionné ci-dessus (p. 218, rem. 2). On y trouve également une légende de Charles Martel reportée au compte de Charlemagne, car le descendant, qui a au moins la longueur d'une épée, est sans doute Pépin le Bref, que le poète (1. II, c. 15) compare pour cela avec David, ainsi que le montre le contexte de ce passage. Pépin y dit lui-même : « Videtur vobis, utrum dominus vester esse possim? Non audistis, quid fecerit parvus Ôavid ingenLi illi Goliath vel brevissimus Alexander procerissimis satellitibus suis? »
4. Nous montrerons, en effet, au livre suivant, que ce poème repose bien sur une toute autre base,
souhaite à Charles III (1), montre suffisamment combien faibles étaient les espérances données par cet empereur. Il fait, par contre, beaucoup de cas d'Arnolphe, que « le manque de fortune et les limites bornées de son territoire » empêchent seuls de rien entreprendre (1. II, c. xiv). Nous avons dit que le poète ne fait que traduire les sentiments du peuple. Or, cette conscience de la décadence complète de la puissance carolingienne faisait paraître au peuple^ sous un jour d^autant plus éclatant, ceux qui l'avaient fondée, les héros des temps passés, un Pépin et un Charlemagne, en sorte qu'on leur attribuait des actions merveilleuses de force et de bravoure personnelles. Plus était triste le temps présent, plus les temps d'autrefois paraissaient avoir été glorieux. Au surplus, le début de l'ouvrage prouve que notre auteur a su bien connaître et bien juger la vraie signification historique de Charles.
Ce qui mérite moins nos éloges, c'est le style de Fauteur : ses expressions recherchées, contournées, et, par suite, souvent obscures, ne répondaient nullement au sujet populaire. Ainsi que le pense G. Paris (2), et apparemment à bon droit, c'est peut-être la pensée du lecteur impérial qui, séduisant Técrivain, lui a fait préférer au brodequin le cothurne.