ANNALES DK FULDA
'LesA}mai€s de Fulda {Annales Fuldenses) (l) eurent encore, il est vrai, deux continuations (2) ; mais la deuxième seule oUre un caractère officieux; elle ne va que jusqu'au commencement du règne de Louis l'Enfant (901), sans trouver de continuateurs. La première s'étend seulement de l'année 882 à 887, c'est-à-dire de la mort de Louis le Jeune à la déposition de Charles IIL L'auteur, qui paraît être un ecclésiastique, appartenait, sinon au monastère de Fulda, du moins au pays de Franconie. Bien que l'empereur occupe entièrement le premier plan dans son récit (ce qui conserve à cette continuation le caractère des annales impériales), elle n'offre pourtant rien moins qu'un caractère de cour. L^auteur, en effet, ne laisse pas échapper l'occasion (3) de montrer toute l'amertume qu'il ressent contre l'empereur^, faible et indigne de ses aïeux, contre ses mauvais conseillers, notamment le tout-puissant Liutward, tandis que, d'autre part, il ne montre pour Arnolphe lui-même (4) aucune sympathie. On lui tiendrait bien plus compte de la liberté de son jug^ement, si l'on n'était pas tenté d'attribuer à sa colère des motifs cléricaux (5).
Mais le deuxième continuateur, qui commence aussi à l'année 882, montre de tout autres sentiments. Il ménage l'empereur, dont il estime très haut la piété et dont il plaint la fin tragique; mais il ne trouve pas non plus des expressions de blâme pour celui qui lui a ravi la couronne : le nouveau souverain, Arnolphe^ est traité avec tout le respect qu'on lui doit. Cet auteur était incontestablement un Bavarois, car il fait, dans son travail, une grande place à la Moravie, à la Pannonie et à l'Italie, tandis qu'il ne dit que très peu de choses de la France. Bien que son style soit très incorrect, l'annaliste n'en veut pas moins passer pour savant, et il mêle parfois, au
t. V. vol. II, p. 368 sq.
2. Ed. Pertz, dans : Monum. German. hUt. Scnptore^, I, p. 395 sq. — Wattenbach, Deutschlands Geschichtsq., vo!. I, p. 215.
3. Par exemple à l'occasion du houleux traité que Charles conclut avec les Normands, à Esloo, en 882.