V. à Tannée
2. Par rapport aux Annale?, de Lorsch : « Ex parte ad latinam regulam correxi. » (Année 813.)
3. V. édit. Wasserschieben, préf., p. VIII. Cet éditeur a aussi le premier trouvé la forme exacte du titre. Préf., p. V, rem.
à cette époque, avait la fonction de régent. Il n'a qu'un but tout pratique : servir de manuel aux évêques pour la visite des églises et des paroisses. Il se divise donc en deux livres : l'un concerne les locaux ecclésiastiques, les objets du culte, et le clergé ; l'autre, les laïques et leur morale. Dans chacun de ces livres, l'auteur pose d'abord les questions que doit faire l'évêque ; puis^ dans des chapitres isolés, sont réunies des citations des décrets des conciles, des décrétâtes des papes, des capitulaires et du droit romain, des écrits des Pères de TÉglise et des pénitentiels, dans le but de montrer les us et coutumes à cette époque, en Germanie, par rapport aux différentes questions. Ce choix est fait avec beaucoup de soin et de fidélité. L'ouvrage a un très haut intérêt sous le rapport de l'histoire ecclésiastique comme sous celui du droit. En considérant le but purement pratique qu'il a en vue, on peut, au moyen des développements que prennent ces questions, tirer des conclusions importantes sur l'état de la moralité à cette époque (1). L'autre écrit de Regino, qui mérite ici une courte mention, est son Epitre : De harmonica institutione (2)^ adressée à son protecteur Ratbod qui, dans les tournées pastorales de son diocèse, s'était plaint fréquemment du chant défectueux des psaumes. Aussi Regino prit-il l'antiphonaire, ainsi qu'il nous le raconte au début, « et y mit-il toutes les antiennes au ton qui leur convenait ». L'épître est précisément écrite comme introduction à ce Tonarius : elle nous fait connaître sa disposition et en motive en même temps la composition, en traitant brièvement des antiennes, des huit tons, de la musique naturelle et artistique, des consonnances et intervalles, etc. Le but
1. Regino dit lui-même, dans la dédicace, en justifiant le choix de ses citations : « Illud etiam adjiciendum est, quod mulLa flagitiorum gênera hoc pessimo tempore in ecclesia et perpetrata sunt et perpetrantur, quae priscis lemporibus inaudita, quia non facta et ideo non scripta et fixis sententiis damnata, quae modernis patrura regulis et damnata sunt et quotidie damnantur. »
2. Dans: Gerherts scriptorei^ ecdesiastici de inusica sacra potissimum. {TA, Saint Blasien 1784. p. 230 sq.) Le Tonarius, qui manque ici, a été édité par Coussemaker dans le : Scriptorum demusica medii aevi, t. II. Paris 1867. p. 1 sq.
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de l'auteur est de monirer la nécessité de la théorie au lieu de la pratique seule, et même d'élever la science de l'art audessus de Fart lui-même (1). Le style est simple et clair; et quelques développements particuliers, par exemple celui de reffet de la musique sur l'homme (§ 6), donnent du charme à cet écrit, qui, par son contenu, nous ramène à Boëce et à Martianus Capella.
L'ouvrag-e historique de Reg-ino nous montre la chronique universelle dans sa phase de transition à l'histoire nationale. Cette dernière et d'abord celle des Francs, reçoit elle-même, dans notre période, un traitement, dans la continuation insignifiante et anonyme du bréviaire ißreviarium) d'Erchanbert (2). Mais elle ne se se rattache pas immédiatement à ce bréviaire, car elle débute avec la mort de Louisle Débonnaire (4). Elle va jusqu'à l'année 881, et n'enregistre toutefois que les partages de FEmpire : celui qui se fit après la mort de Louis le Débonnaire, celui de la Lorraine après celle de Lothaire, et celui de l'Allemagne, opéré après Louis le Germanique. L'auteur se montre un peu moins sobre de détails en parlant de Tacquisilion de la couronne d'Italie par Garloman ; il termine ensuite par le couronnement de Charles III, auquel lui aussi, tout comme le moine de Saint-Gall (5), souhaita de voir naître un héritier : il craint en effet de voir s'éteindre déjà la race de Louis le Débonnaire, et pourtant il mentionne comme vivant encore Louis III et Louis le Jeune, qui moururent tous deux en 882. Par là, nous pouvons reconnaître l'époque de la composition de cette continuation. L'intérêt particulier, que l'au-
1. « Interea sciendum est, quod nonille dicitur musicus, qui eam raanibus lantummodo operatur, sed ille veraciter musicus est qui de musica naturaliter (?) novit disputare et certis rationibus ejus sensus enodare. Omnis enim ars omnisque disciplina honorabiliorem naturaliter habet rationem, quam artificium, quod manu atque opère artificis exercetur. « {§ 18). Il est intéressant de remarquer ici la difTérence que fait l'auteur entre les expressions ars et artificium.