I.V. vol. I, p
2. Cf. également ce que dit Régine lui-même, à la fin du premier livre, sur le rapport des deux parties ; malheureureusement, dans sa concision, cette déclaration devient doublement obscure par le texte qui est détérioré à cet endroit.
3. Ses ressources littéraires étaient, il est vrai, très défectueuses pour pouvoir dire, en parlant de l'époque de Louis le Débonnaire, qu'il n'a point trouvé d'écrils qui la concernent (année 813, fin.).
4. V. une citation exacte des sources, dans Ermisch, p. 78 sq.
5. Comme il le dit lui-même [op. <:.) ; a Quaedam etiam addidi, quae ex narratione seniorum audivi. »
[229-230.] AUTRES OIIVRAGKS DK REGTNO 245
sa propre expérience et ses observations. C'est ainsi que s'explique la manière si sèche dont l'auteur a traité le règ-ne de Louis le Débonnaire, se contentant, du reste, de ne parler que de sept années , tandis que le règne de l'empereur Lothaire, son seigneur spécial en qualité de souverain de Lorraine, est traité d'une manière bien plus complète, et même parfois avec des documents à l'appui. Le temps qui s'écoule à partir de 892, est qualifié de temps moderne par l'auteur lui-même. Là où il aurait pu être plus explicite, il s'est vu oblig-é de se borner et de passer beaucoup de choses sous silence, dans la crainte, avoue-t-il, de blesser les vivants (1). Malgré cela, cette partie a une g-rande importance en tant que source historique. Certes, ici comme ailleurs, oia Regino raconte, d'après la tradition orale, on ne saurait, malg-ré l'amour de la vérité qu'on lui connaît, se servir des renseig-nements qu'il donne qu'après les avoir soumis à une critique sévère, vu surtout qu'il manque de tout sentiment à l'endroit de la chronolog'ie.
Pour ce qui est du style de Reg-ino, on doit dire qu'il est correct et naturel pour cette époque. Mais l'expression n'est bien de lui que lorsqu'il ne puise pas à des sources écrites ; quant à ces dernières, il les reproduit le plus souvent mot à mot, de sorte que, dans le premier livre, nous trouvons souvent une mosaïque étrang-e de différents auteurs, bien qu'il ait entrepris, çà et là, d'en corriger un peu le style, ainsi qu'il l'avoue lui-même dans un passage (2).
Deux autres [ouvrages, qui n'appartiennent pas au cadre de notre étude, nous témoignent encore de l'érudition et de réducation de Regino. L'un d'eux, que nous avons déjà mentionné, comprend les deux livres composés vers 906 et intitulés : De cousis synodalibus et disciplinis ecclesiasticis. Cet ouvrage, dû à l'instigation de Ratbod, est dédié à l'archevêque de Mayence et « primat de toute la Germanie », à Hatton qui.