Dümmler, Op. c. p. 30 sq
[237.] ÉCRITS POLÉMIQUES d'auxilujs 253
non-seulement dans l'intéfèl des évoques de Noie et de Naples, dont le premier avait été, en etfet, ordonné par Formose, mais encore dans son propre intérêt, car il avait, lui aussi, reçu l'ordination des mains de ce pape. Son écrit, composé à la prière de Tévêque de Nôle^ est remarquable par sa forme dialoguée : c'est, en etTet, un dialogue entre un accusateur, infensor^ et un défenseur, defensor[V). L'auteur ne veut traiter ici qu'un seul des deux points en litig-e ; il ne veut pas se mettre en peine de la question de la légitimité de l'élection de Formose au souverain pontificat, vu que la validité des ordinations n'en dépend point, ainsi qu'il le prouve ici. Il aborde véritablement le premier et le second de ces points en litige dans les deux Libelli in defensionem sacrae ordinalionis Papae Formosi{2). Cet écrit, le plus important qu'il ait laissé, au point de vue du style, renferme en même temps la plus violente et la plus hardie polémique contre le pape Serg-ius. L'expression, claire et pure pour cette époque, s'élève parfois ici jusqu'à la haute éloquence ; tel est, par exemple, le passage où Auxilius dépeint les conséquences du procédé de Sergius (1. I, c. vni), ou encore lorsqu'il vante les vertus de Formose et qu'il décrit le procès abominable qui fut fait à son cadavre par le pape Etienne [ibid., c. x). C'est ainsi que cet écrit nous offre également des matériaux de valeur au point de vue de l'histoire.
Auxilius composa, dans l'intérêt de l'évêque de Naples, la brochure intitulée : Libellus in defensionem Stephani episcopi{3) ; mais il ne le lit qu'après la mort de ce prélat, que ses ennemis accusaient alors d'avoir été intronisé contre le droit canon; ils voulaient, comme Sergius dans le cas de Formose, faire déclarer invalides les ordinations faites par Etienne ; le moyen était excellent, sans doute, pour des clercs ambitieux,