Dans Dümmler, Op. c, p. 96 scj
désireux de rendre vacants d'excellents bénéfices. Le cas d'Etienne était, en effet, semblable à celui de Formose en tant que, d'abord évêque de Sorrente, il avait accepté plus tard l'évêché de Naples, tout comme Formose avait échangé Tévêché de Porto contre celui de Rome, Or, cet échange avait été défendu par différents conciles. Auxilius montre donc que cette défense, qui était dirigée contre l'ambition des prélats, ne pouvait pas trouver ici d'application, vu que Etienne, chassé de son évêché primitif, n'avait reçu Tautre qu'après un exil de près de trente ans. — Un autre écrit d' Auxilius, dont on ne peut révoquer en doute l'authenticité, a pour titre : De ordiiiationibus a Formoso papa f actis ; mais ce n'est qu'un recueil de preuves, dénué de toute valeur littéraire (1).
Deux autres de ces brochures ont pour auteur Eugenius Vulgarius (2) : c'est un Italien, qui nous a laissé également un certain nombre de poèmes. Il écrivit vers la même époque que Auxilius, et bien que, comme lui, il eût été ordonné par Formose, il était pourtant maître d'école de profession « magister », ainsi que cela résulte, non seulement de ses vers, mais même de ces brochures polémiques, et surtout d'une qui nous intéresse le plus à cause de sa forme. Elle a pour titre : Super causa et negotio Formosi papae (3). Comme l'écrit d' Auxilius que nous avons étudié en premier lieu, c'est également un dialogue ; mais c'est un dialogue d'un autre genre : c'est une dispute, en langage de rhétorique, comme s'exprime l'auteur (4)^ c'est-à-dire une discussion où l'on trouve tous les artifices dialectiques qui nous rappellent la scolastique de plus tard (o). Ce dialogue a lieu entre deux avocats^ dont l'un : Insimidator , est l'accusateur, et l'autre, Acto?\ est le défenseur de Formose. Le défenseur accorde, il est vrai, que Formose est monté sur la chaire de saint Pierre d'une manière illicite [illicite); mais il prétend malgré cela
1. V. cet écrit dans Mabillon, l, c, p. 32 sq. ; et cf. Dümmler, p. 107 sq.