CHAPITRE DEUXIÈME
ECBASIS CAPTIVI
C'est bien dans les premières années du règne d'Othon I", qu'il faut placer la plus ancienne épopée animale : c'est encore l'œuvre d'un Allemand 2 , et elle a vu le jour dans un monastère. C'est la «Digression du captif » [Ec oasis captivi) (3), poème de onze cent soixante-quinze hexamètres (4), à rime léonine pour la plus grande partie. Le poète, dont le nom ne nous est pas connu, est né en Lorraine et vraisemblablement dans les Vosges (o) ; c'était un religieux du monastère de Saint-Evre, à Tout. Ainsi qu'on peut le conclure de son poème, la réforme sévère qui fut appliquée à ce monastère, en 936 6 , lui fut bien pénible ; il était encore élève de l'école de ce monastère, et il paraît avoir bienprofité des libertés que permettaient l'ancienne discipline. Ne dit-il pas lui-même, dans le prologue du poème, qu'il aimait à faire l'école buisssonnière, à errer çà et là, et à passer son temps à des bagatelles ? C'est à sa paresse qu'il était redevable du surnom iïnne qu'on lui avait donné. La
1. Elle a été éditée par Morel, Latein. Hijum., p. 176, n» 289.