‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 207 sur 311 · Op. c. p · texte numérisé non relu

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chef du globe Lerreslre, et il dompic les païens. Elle exalle aussi le deuxième fils, Henri, comme un protecteur de l'Église ; mais le troisième, Brunon, se consacra tout entier au service de cette dernière, et Dieu lui accorda les dons les plus magnifiques de la sagesse, en laquelle il surpasse tous les mortels (v. 138). Ensuite, et encore dans le même chapitre, le poète raconte en détail le mariage d^Othon avec Eaditha, fille d'Edward, roi des Anglo-Saxons : cette femme prévenait en sa faveur par sa bonté d'âme et par la pureté d'expression de son visage ; mais cela n'avait rien d'étonnant, car elle descendait de saint Oswald. Elle donna le jour à Ludolphe, que le peuple aimait avec raison si tendrement.

Avec le deuxième chapitre (v. 198-530) commence Thisloire de la royauté d'Othon; ce chapitre s'étend de la mort d'Henri I" jusqu'au mariage de Ludolphe et à la détermination de sa succession dans l'Empire, par conséquent de 936 à 948. Au début, le poète nous présente Otlion comme roi et elle en fait un éloge pompeux; elle dit que Dieu s'est plû aie bénir et aie protéger; c'est un autre David auquel nul ennemi ne pouvait résister et qui soumit les peuples païens afin que la paix de l'Eglise fût assurée. Elle parle ensuite de son frère Henri et du mariage de celui-ci avec Judith , fille d'Arnolphe de Bavière, par conséquent des parents de Gerberge (v. 229 sq.). C'était un temps de paix et de bonheur. Mais la malice de l'ennemi des hommes ne tarda pas à troubler cette concorde : une guerre civile éclata. Et là-dessus, Hrosvita nous fait le récit des combats d'Eberhard de Franconie avec Henri (938), celui de la captivité de ce dernier et celui de son rachat (1) par le roi qui courut à son secours, comme Abraham courut au secours de Loth. Mais la ruse du démon occasionna encore un plus grand crime, à savoir la conjuration d'Eberhard avec Giselbert de Lorraine pour déposer Othon et mettre Henri sur le trône. El ce dernier, ô douleur I se déclara prêt à tremper dans celle intrigue ; mais ce ne fut que forcé, du moins le poêle

1. Redemit, dit Hrosvila (v. 271); pur le fait, ce rachat n'eut lieu qu'indirectement. Cf. Giesebrecht, Gesch. der deutschen Kaizerzeit, vol. I, p. 257.

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l'espère (1). Cependant le Dieu de justice qui protégea si souvent Otlion, fait que ce plan ne tourne qu'à la ruine de ses ennemis. La bonne religieuse ne se sent pas de taille à faire une peinture de la guerre (v. 316 sq.). Elle n'a qu'un but : le salut du pieux roi par Dieu, salut qui ressembla à un miracle ; ce n'est qu*ainsi qu'elle explique la rencontre deBirten et d'Audernach (399), les combinant ensemble et y ajoutant aussitôt la deuxième délivrance d'Othon par le Christ^ lors de l'attentat qui eut lieu à Pâques, en 941. Elle décrit ensuite la contrition d'Henri, sans exprimer clairement sa culpabilité (2); puis, le pardon généreux que lui accorda son frère qui, « peu de temps après » (3), Féleva au trône de Bavière. A partir de ce moment il n'y eut plus de dissension entre eux. Henri protège maintenant l'Empire contre les « Avares », dans le pays desquels il fait même des invasions. Yient encore, dans ce chapitre (v. 468 sq.), la mort d'Edith, que le peuple pleura comme la véritable mère du pays ; puis se trouve un récit caractéristique et laudatif de deux enfants qu'elle laissa, Ludolphe et Liutgarde, du premier surtout qui gagna le cœur de tout le monde (et avant tout celui du poète), et enfin du mariage de ces deux jeunes gens.

Le troisième chapitre (v. 540-807) est consacré à l'alliance d'Othon avec Adelheide, veuve de Lothaire, roi d'Italie, et à l'obtention de la couronne lombarde; il embrasse une époque qui va de novembre 9o0 au commencement de 953. Presque la moitié de ce chapitre est consacrée à l'intéressante narration

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