‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 206 sur 311 · Op. c · texte numérisé non relu

Op. c

3. Vu que Brunon, frère d'Othon I, y est représenté comme étant encore en vie.

4. Peut-être dans une deuxième rédaction dans laquelle auraient été ajoutés d'abord les vers 896 et sq. V. là-dessus Zint (p. 1 sq.) dont je ne saurais adopter partout l'argumentation. En tout cas, l'ouvrage fut terminé avant la mort de Guillaume de Mayence (1 mars 968). V. la page suivante et cf. Kopke, p. 87 sq.

[306.] HROTSVITA : DE GESTIS ODDONIS I 33 1

le Irône impérial. Ainsi que nous rapprenons ég^alemcnt de la même lettre, les sources dont disposait l'auteur ne consistaient qu'en diverses communications orales et sans suite (1). Elle s'autorise de sa qualité de femme et de l'ordre qu'elle a reçu de prendre la plume, pour solliciter l'indulgence en faveur de son ouvrage ; elle ne s'inquiète d'ailleurs que du jugement de son abbesse et de celui de son confident, Guillaume, arclievêque de Mayence (fils naturel d'Otbon I'^''), à qui Gerberge voulait envoyer le poème.

Le récit est précédé de deux dédicaces en hexamètres formant ensemble soixante -treize vers ; la première est adressée à l'empereur Othon I, qui surpassa tous les autres Augustes en piété, ainsi que le dit le poète, et l'autre, ajoutée probablement plus tard, est adressée à l'empereur Othon IL Dans celle-là, le poète confirme que nul livre sur ses exploits ne lui a servi de modèle ou de source ; le fondement de son ouvrage c'est le dévouement (devotio)\ elle n'a jamais voulu dire autre chose que la vérité, ainsi que ses autorités la lui ont transmise. L'autre dédicace s'appuie sur le fait que le jeune empereur a désiré un exemplaire de l'ouvrage ; Hrosvita l'appelle « notre Salomon » et elle espère que son nom sera cemme un bouclier qui la protégera contre les méchancetés de la critique.

Dans la narration elle-même, on peut distinguer six groupes ou chapitres par rapport à la matière, ainsi que Köpke l'a fait remarquer le premier avec raison {2). Le premier (v. 74-197) forme Fintroduclion : après avoir parlé, dès le début, de la transmission de l'empire, qui des Francs passe aux Saxons par ordre du Roi des rois, l'auteur nous fait un portrait du caractère du premier roi allemand de race saxonne, Henri P% dont la justice protégea la paix intérieure. De son mariage avec r « incomparable » Mathilde, naquirent trois fils, parmi lesquels Othon, le premier d'entre eux, brilla comme l'étoile du malin ; il possède maintenant à bon droit la fière Rome, le

1. Quia haec eademnec prius scripta repperi, nec ab aliquo digestim sufficienlerque dicta eiicere quivi. »

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