‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 223 sur 311 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

POÉSIE LATINE DE LA FRANCE : LE FRAGMENT DE LA HAYE, MACER FLORIDUS, FLODOARD

Tandis que, en Allemagne, au siècle des Olhons, nous voyons cultiver la poésie laline d'une manière multiple, et celle-ci produire des ouvrages distingués et marqués au coin de l'esprit national, cette même poésie, à en juger par ce qui nous en est parvenu (1) et qui a été publié, nous apparaît, chez les Romans d'alors, avoir été moins activement cultivée, et, en tout cas, avec moins de succès. La France toutefois nous présente, à cette époque^ deux ouvrages poétiques profanes qui ne manquent pas de valeur, au point de vue de l'histoire et de la littérature.

Le plus inléressant ne nous est parvenu que d'une manière tronquée et par fragments. C'est un poème en vers hexamèlrcs — mais mis en prose dans le manuscrit unique qui se trouve à la Haye (2), — dans lequel nous trouvons déjà l'his-

1. C'est ainsi que l'écrivain anonyme de Moutier-en-Der (milieu du XI'' siècle) dit de Adso : Opmcula plura versifice composuit. Mais ils ne nous sont pas parvenus, car il ne faut pas comprendre parmi eux les petits poèmes encadrés dans ses Vies de Saints. Un autre de ses poèmes, en hexamètres, les « Gestes de saint Benoît », s'est perdu également. V., plus loin, chapitre 16.

2. Edité d'abord par Pertz dans les Monum. German. histor., ScriptoreSj t. m, p. 708 sq., comme remarque à la « Chronique de saint Benoît ». En-

Page 1