‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 228 sur 311 · MACER FLORIDUS 3Ô · texte numérisé non relu

MACER FLORIDUS 3Ô

(v. 900 sq.) de l'ouvrage de Walalifrid Strabo, Jlortidas. Son poème se distingue essentiellement de ce dernier ouvrage, quoique le « Petit jardin » doive être considéré en un certain sens restreint comme son devancier. A notre ouvrage il manque complètement le caractère poétique que possède celui de Slrabo : il n'a de la poésie que le vers. Dans le Horttdus, c'est la desciiplion des plantes qui fournit les principales ressources à la poésie, ici, il n'en est pas question en règle générale; l'auteur se contente de parler de leur usage médicinal qu'il expose avec bien plus de détails que Strabo; il traite également d'un nombre de plantes trois fois supérieur à celui qui est contenu dans VHortulus (1). Son ouvrage n'a pas cette ornementation artistique qu'on trouve dans ce dernier.

Nous avons à faire encore ici une mention spéciale d'un autre poème latin, qui se dislingue par une certaine originalité et qui a un caractère profane, au moins dans le but que poursuit l'auteur. Il appartient pour sûr à la France, et au centre de la France, très probablement à l'Auvergne; il a été composé à l'époque de Guillaume, comte d'Aquitaine, qui gouverna sa province depuis 935 et que l'auteur célèbre comme son prince (2). Ce petit ouvrage comprend cent hexamètres, divisés en douze strophes ou petits poèmes à part, de huit vers chacune, excepté la dernière. Ce sont des toasts pour des jours de fête : les neuf premiers se rapportent plus ou moins à des fêtes générales de la chrétienté : la Nativité de la Saiute- Yierge, la fête de Saint-Michel, l'Assomption, la fête des Saints Innocents, Pâques, TAscension, la Pentecôte, la fête de Saint- Pierre et Saint-Paul et la Saint-Jean. Deux sont destinés à deux patrons de la patrie de Tauteur, à Saint-Cyrice et à Saint- Julien (3). Le dernier toast, qui compte quatre vers de plus que les autres, est consacré au comte Guillaume.

1. Dix-sept sont communes à VHovtulus et au poème, si l'on identifie Gladiola du premier avec Iris du dernier (n° 43) ; cinq de VHortulus ne sont pas traitées ici : « Cucurbita, pepones, sclarea, agrimonia, ambrosia, faphanus » ; et, parmi les spuria de Macer, il ne manque que « agrimonia ».

2. Publié, pour la première fois, par Dümmler, dans : JS. Archiv, etc., vol. X, p. 347 sq.

3. Le poète dit du dernier : a Auxilio cujus gaudet Aquitanica tellus » ; il le considère donc comme patron de toute l'Aquitaine. Dümmler {Op. c),

382 LITTÉRATURE LATINE ' [3o3-3o4.]

L'ouvrage tout entier est vraisemblablement dédié à ce prince et les toasts destinés d'abord à sa table, car deux fois l'auteur parle de la provocation à boire adressée par le prince aux convives 1 . Les poèmes, auxquels le but qu'ils poursuivaient donne un certain attrait pour l'bistoire de la civilisation, bien que simples dans la construction, font parade d'érudition surtout parle mélange d'expressions grecques (2); dans le dernier même, deux bexamèlros sont entièrement grecs.

La poésie épique ecclésiastique, et en particulier Tbagiographie en vers, est représentée, à cette époque, en France, par un ouvrage considérable d'un auteur célèbre dans un autre domaine de la littérature. Je veux dire Flodoard, dont j'étudie plus loin c. 12) la vie et les œuvres historiques. Ce chanoine de Reims a chanté les triomphes que le Christ remporta par ses saints en Palestine, à Antioche et en Italie ; et il les a chantés dans un grand ouvrage qui se divise d'après cela en trois parties indépendantes : trois livres sont consacrés aux saints de la Palestine, deux à ceux d'Antioche et quatorze à ceux d'Italie 3 . Chaque livre se divise à son tour en un cer-

s'appiiyiint sur ce passage, désigne Brioude, en Auvergne, comme l'endroit où l'ouvrage a élé composé.

Page 1