Sigebert. De scriptor. écoles., c. cxxxvii
3. Ed. Gilles Waulde, dans La Vie de saint Ursmer. Mons, 1628, ouvrage sans valeur pour le fond comnae pour la forme. La dissertation De corpore et sanguine Domini (Voir ci-dessus, p. 389), que nous avons attribuée à Gerben, après beaucoup d'autres, est mise au compte d'Hériger par quelquesuns et surtout par Kopke (/. c, p. 146 sq.).
[406-407.] HÉRTGER : GESTA EPISCOPORIJM LEODIENSIUM 437
la culture peu commune de son esprit: c'est précisément par là que cet ouvrage nous offre un intérêt tout particulier. Il l'entreprit sur les instances de l'évoque Notker, qui ne l'avait engag-é d'abord qu'à composer la Vie de saint Rémacle, un des évoques de Liège, qu'on lui avait demandée à lui-même (1). Hériger agrandit ensuite son cadre, et il écrivit aussi la vie des prédécesseurs de saint Rémacle : il voulait môme raconter les faits et gestes de ses successeurs, jusqu'à son époque; mais l'ouvrage, tel que nous le possédons, se termine par la Vie de saint Rémacle (667) : Hériger l'édita encore à part, avec un prologue. Il est bien probable que Notker lui a fourni des matériaux (2).
Considérons d'abord le contenu de l'ouvrage dans son entier (3). Là aussi, il y a un prologue qui forme le premier chapitre; Tauteur nous y donne des renseignements sur la disposition de l'ouvrage et sur les considérations qui y ont donné lieu. Il nous apprend ensuite comment Dieu choisit le prince des apôtres lui-même pour éclairer l'occident plongé encore dans d'épaisses ténèbres. C'est ainsi que saint Pierre envoya de Rome dans la capitale des Trévires les trois missionnaires Eucharius, Yalerius et Maternus. Mais Materne meurt en route, en Alsace, et ses deux compagnons retournent à Rome. Pierre les console et les engage à repartir à la haie : il leur donne sa crosse (4) pour ressusciter le mort. Le miracle s'opère et facilite ensuite l'œuvre de la conversion (c. vi). Ils arrivent à Trêves et y fondent un évêché qui comprend en même temps Cologne et Tongres. Ils l'occupent tour à tour, l'un après la mort de l'autre. A Tongres, Materne a huit successeurs, dont on n'a point de détails par suite des dévastations des Huns (c. xv). L'auteur s'étend ici sur ce peuple, sur son origine et ses invasions, après quoi il parle du neuvième