Cf. Lappenberg, p
2. Dans Wiilker, Bibliothek der angelsächsischen Poesie, p. 358 sq, — Zernial, Das Lied von Byrthnoths Fall. Ein ßeitraf^ zur altgermanischen Volkspoesie. Berlin, 1882 (Progr. du Gymnase-Humbolrlt). — Wülker, Grundriss, p. 334 sq.
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il y maaqiie le commencement et la lin ; tel (juel, il compi-LMui trois cent ving-t-cinq lignes longues. Bien que, selon tuute apparence, il n'en manque pas beaucoup, il ne s'ensuit pas moins qu'il est impossible, à cause de ces lacunes ellesmêmes, de porter un jugement certain sur la composition de ce poème.
En l'état actuel, le poème nous apprend, dès le débul, que Byrthnoth ordonne aux siens de descendre de cheval; il les rang-e en bataille et leur donne les ordres nécessaires ; après cela, il met lui-même pied à terre, à Tendroit le plus propice, et prend place à côté de ses compagnons (v. 24). Voilà que, sur l'autre rive, apparaît un messager de Yikings qui annonce à haute voix à l'Eorl les conditions de son parti. Ils exigent de l'or et en fixent la quantité; à cette condition, ils partiront avec leurs navires et vivront en paix. Plein de colère et de résolution, saisissant son bouclier et brandissant le frêne flexible, Byrthnoth lui répond : « Ecoute, toi, homme de la mer, ce que disent les hommes de ce peuple : « ils veulent vous donner pour tribut des lances, des pointes empoisonnées et des glaives éprouvés depuis longtemps... dis-leur qu'il y a ici, entouré de sa troupe, un Eorl qui n'est point à mépriser, qui veut défendre cette place dont son roi a hérité, son peuple et son pays. Ce serait une honte de vous laisser partir sans combat, emportant nos trésors. » Là-dessus, la lutte commence, d'abord avec des flèches, vu que le fleuve ayant grossi, rend l'approche des ennemis impossible. Mais, avec le reflux, les Danois cherchent à s'emparer du pont du Panta, mais peine inutile. Alors, ces « hôles détestés » prient Byrthnoth de leur permettre de passer le gué et d'atteindre le rivage. Par bravade, Byrthnoth le leur accorde. « Venez vite vous mesurer avec nous ; Dieu seul sait qui de nous remportera la victoire », leur crie-t-il d'en deçà du fleuve, comme s'il s'agissait d'un combat singuher. Les Vikings passent le gué sans faire attention à l'eau.
C'est alors que commence la bataille. Les Anglo-Saxons forment la phalange avec leur boucliers. — Voici le moment de se couvrir de gloire; l'heure est venue où ceux qui sont consacrés à la mort doivent tomber (v. 104 sq.). Le cri du
combat relonlil ; les corbeaux, l'aigle volent tout autour, soupirant après leur proie. Les lances fendent l'air, l'arc parcourt Fespace, le bouclier reçoit les dards. Amer fut le combat, des deux côtés tombèrent les guerriers. Voilà que Byrthnolh enflamme les siens. Plein de colère, l'Eorl perce de part en part, de sa lance, le cou de l'orgueilleux Yiking ; en un tour de main, il lui porte un autre coup qui lui perfore la cuirasse et pénètre jusqu'au cœur : on vit alors ce brave, le sourire aux lèvres, la jubilation dans l'âme, remercier le Créateur pour le succès de cette journée. Mais voibà qu'un des ennemis lance un trait qui traverse le noble paladin du roi Aethelstan. Un jeune écuyer, à ses côtés, retire le dard et le lance tout sanglant sur cet ennemi qu'il renverse. Un autre Danois veut piller l'Eorl qui est blessé ; celui-ci arrache son épée du fourreau et en porte un coup au Danois ; mais un des ennemis le pare, et le glaive tombe de la main qui n'a plus la force de le manier. Ce héros à cheveux blancs ne peut plus se tenir debout : il ordonne encore aux siens de marcher en avant ; levant les yeux vers le ciel^ il remercie Dieu des joies qu'il a eues pendant sa vie et lui recommande son âme (v. 180). Voilà que ces païens le jettent à terre et le frappent, lui et les deux guerriers qui étaient à ses côtés et qui perdirent la vie avec leur maître. ^
Cette mort du chef est le point culminant du poème, et c'est 9
là aussi, avec raison, que l'exécution en est le plus détaillée. V
Le poète raconte ensuite que la mort du chef fut, pour les lâches de l'armée, le signal de la fuite ; l'un d'entre eux même, Godric, emmène avec lui, tout harnaché, le coursier de Byrthnoth. Mais tout autre est la conduite des familiers de l'Eorl. Ces fiers paladins veulent venger leur maître. Ils s'excitent mutuellement par des discours oii respire la hardiesse : ils pensent à leur noblesse, qu^ils veulent conserver sans tache ; personne ne doit leur reprocher d'avoir déserté le champ de bataille après la mort de leur ami et seigneur. Aux discours succède l'action. Et le poète dépeint une foule de combats j iîtguliers où les fidèles vengent leur maître, et où plus d'un tombe à son tour pour reposer à côté de ce chef tant aimé.
poÈiviKS iiisToiuoiKs :ij; I
Telle esL la lin de ce poème : une î^iorilicalion <'iillioiisiash' de Tancienne fidélité germanique des vassaux, dans une exécution pleine de richesses qui, cependant, ne fatigue point. Du reste ce poème, dont le stvlc se dislini^ue avantaiieusrment de l'ancienne poésie épique des Anglo-Saxons, soit par une plus grande simplicité (1), et je serais tenté de dire paiune plus grande pureté de coloris, soit par une action plus rapide, ce poème, dis-je, occupe une place eminente parmi les ouvrages épiques du moyen âge. Il se distingue également par une belle unité et une belle distribution de la conii)osition. autant qu'il nous est permis d'en juger : la mort du héros, décrite avec de grands détails, en forme le milieu ; la première paitie le prépare et la troisième et dernière, la vengeance prise sur les ennemis, n'est que la suite de la mort de Byrthnotli. Si la fierté du héros, laquelle prend sa source dans son courage, amène sa mort, elle est rachetée par l'amour de ses braves, amour qui les porte à se sacrifier pour le venger. C'est ainsi que Byrthnoth est, au sens esthétique, le vrai héros du poème, qu'on a intitulé pour cela avec raison : Mort de Byrthnoth (Byrthnoths Fall).
1. C'est ainsi que, d'après Zernial (p. 10), on ne trouve que flix Kennigars (cf. ci-dessus, p. 9) dans le poème.