Cf. Lappenberg, p. 382 sq
od8 littérature latine [517-518.]
récit de la délivrance de cinq lieux de la Mercie arrachés à la puissance des Danois par le roi Eadmund; le deuxième (vingt lignes longues) nous raconte le couronnement d'Eadgar, et nous donne des détails très minutieux sur l'âge du roi : c'est une vraie chronique versifiée. Le dernier poème (trente-sept lignes longues) est plus intéressant et offre un peu plus d'ornements poétiques. Après avoir annoncé la mort d'Eadgar el celle de l'évêque Cyneweard, l'auteur entonne une complainte sur la persécution qui éclata contre les Bénédictins de la Mercie, dès le début du règne du successeur encore mineur d'Eadgar ; l'exil au-delà de la mer vint aussi frapper Eorl Oslac, qui, à n'en point douter, était leur protecteur. Mais la vengeance du Ciel ne se fit pas longtemps attendre : une comète parut, et la disette ne tarda pas à se montrer (1). *
Le style, comme le vers, de ces poèmes suit la tradition de l'antique poésie nationale; mais vers et style ont une forme plus simple, on serait presque tenté de dire plus affaiblie. Et comme le style offre des couleurs moins riches et moins bigarrées, la ligne longue allitérante produit aussi beaucoup moins d'effet.
Un autre poème historique, qui n'appartient point à l'ouvrage des Annales (2), est composé dans un style d'une plus large envergure, et offre déjà le caractère de l'épopée. Le sujet est la bataille de Maeldun (991), si fatale pour les Anglo- Saxons, la mort de Byrthnoth et la vengeance qu'en tirent ses fidèles guerriers : une défaite glorieuse, comme dans la Chanson de Roland. La ville, située dans le canton d'Essex, non loin de l'embouchure du Panta et entre deux bras de ce fleuve, fut vivement attaquée par les Danois. L'Ealdorman Byrthnoth accourut bien à son secours ; mais il amena des troupes trop insuffisantes ; il occupa la rive septentrionale du fleuve, en sorte que les deux armées étaient séparées par le bras du Panta. — Le poème nous est parvenu incomplet, car