‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 3)Chapitre 99 sur 311 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

HYMNES ET AUTRES POÈMES ECCLÉSIASTIQUES — ECRIVAINS DOUVRAGES DE MUSIQUE : HUCBALD, ODON.

En dépit de la floraison des séquences, des tropes et des litanies, ce sont encore les Hymnes qui occupent le premier plan dans le domaine de la poésie lyrique ecclésiastique. Nous en avons déjà mentionné plusieurs, composées parles poètes de l'école de Saint- Gall. Après avoir considéré, dans la période précédente, quelques hymnes isolées de poètes connus, nous allons étudier maintenant, dans son ensemble, la poésie hymnique de toute la poésie carlovingienne : la plupart de ces poèmes, en effet, nous sont parvenus, sans nom d'auteur et sans date, en telle sorte qu'il n'est pas possible d'en déterminer exactement l'époque de la composition (3).

6. V., là-dessus, Ekkehart, Cas., c. 4 et 27. et cf. Schubiger, p. 34 sq.

7. Le modèle est— u u — u — u — u — u -Mues ad câstrum prôpcrés novélliim. V. Canis., l. c, p. 208.

8. Nous ne faisons porter notre étude que sur les poèmes dont les manuscrits proviennent du ix^ ou du x« siècle. Nos sources ont été principalement : Morel, Lateinische Hymnen des Mittelalters (pour la plupart tirés de manuscrits des monastères de la Suisse). Einsiedeln 18G8. — Boucherie, Mclawjes latins et bas-latins, dans la Revue des langues romanes, t. VII, p. 1 sq. — Dürnmler, Rhythmorum ecclesiasticorum aevi carolini spécimen. Berlin, 1881. — Poetae latini medii aevi, éd. Duinmler. [Monum, Gevman. hist.), Tom. 11, l^erlin, 1883.

172 LITTÉRATURE LATINE [l6l-l62.]

Par rapport au sujet de ces poèmes, il est à remarquer que. pour la plupart, ils ont trait aux saints et à leurs fêtes, ce qui ne doit pas étonner, vu que les autres fêtes de l'Eglise avaient déjà des chants traditionnels que la liturgie avait en partie rendus sacrés. Malgré cela, on ne cessa pas de composer de nouvelles hymnes, même pour les fêtes du Sauveur, telles que Noël, Pâques, l'Epiphanie, l'Ascension. Pour ce qui est de la composition en tant que poésie, les hymnes de cette époque, en général^ sont décidément inférieures à celles des époques chrétiennes antérieures. Il n'y a d'exception que pour quelquesunes d'entre elles, qui ont été composées du reste par des poètes hors ligne, comme Théodulphe, Walahfrid, Florus ; nous les avons étudiées à part (1). C'est surtout la forme qui nous intéresse dans les hymnes de cette période, parce qu'elle a eu une grande influence sur la poésie nationale. Il faut donc remarquer avant tout que la formation rythmique du vers règne en souveraine (2), car la poésie quantitative est passée à l'état d'exception ; de plus, même dans cette période, le mètre le plus ancien de l'hymne, le mètre ambrosien, y apparaît comme le plus fréquemment employé ; viennent ensuite le létramètre catalectique trochaïque et le trimètre acatalectique iambique, mètres qui, nous l'avons vu, étaient les plus en faveur dans les rythmes profanes (3). Quant aux mètres composés et à leurs systèmes, c'est la strophe saphique qui est la plus fréquente ; mais le dactyle est, dans les lignes longues, généralement à la première place, au lieu d'être à la troisième. Toutefois, les petits vers asclépiades ne 'sont pas rares; la deuxième et la troisième strophe asclépiade sont particulièrement atTectionnées. Nous trouvons encore assez souvent des vers phaleuces, et même adoniques, qui, même seuls, sont réunis en strophes de six lignes (4). Les distiques ne manquent également pas. — Les poèmes alphabétiques ne

i. V. Vol. II, pp. 84, 162, 272.

2. En sorte que le mètre dont il est question dans la suite sera toujours le mètre rythmique, à moins que le contraire ne soit expressément indiqué. Il faut de plus regarder comme catalecLiques les tétramètres Irochaïques sans autre indication, et comme acatalectiques les trimètres iambiques,

Page 1