‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 102 sur 382 · V. là dessus Bunsen, Hippolytus, II, p. 89 et ss · texte numérisé non relu

V. là dessus Bunsen, Hippolytus, II, p. 89 et ss

rattache au chant des anges de l'Évangile, dans saint Luc (IT, v. 14); comme lui, il est écrit en lignes äbres de prose rythmique, qui montrent le parallélisme des psaumes. A côté de ces hymnes, qui sont les plus antiques et dont nous avons encore deux autres exemples, viennent facilement se ranger cellesqui ont été composées en lignes métriques, mais non distribuées en strophes, et qui gardent pourtant encore souvent ce parallélisme. Telles sont quelques hymnes de saint Grégoire de Nazianze, par exemple, l'hymne au Christ : St <èv defires Lovaoyny AËc avuuvetr, Sèsavelèev(1), etc. Nousn'avons pas d’exemples plus anciens. La poésiechrétienne-latine peut en produire de pareils duivesiècle, peut-être même d’antéricurs à saint Ambroise ; mais ce ne sont point des ouvrages originaux; ce sont des traductions des Cantiques de l'Exode (2), des Nombres (3), du Deutéronome(4), traductions que nous avons mentionnées plus haut ct qui ont reproduitces cantiques en vers phaléciens, sans être distribués en strophes. Ces Cantica sont ici expressément aussi appelés 4ymni (5). On fit un pas en avant dans le développement de ce genre de poésie chrétienne : on distribua les lignes en strophes ; on composa des hymnes strophiques. Ce progrès fut réalisé tout au moins vers le milieu du ne siècle, dans l’hymne grecque ajoutée au Pédagogue de Clément d'Alexandrie et dont on a prouvé avec certitude la forme strophique (6). C’est ainsi que cette poésie chrétienne, qui avait d'abord pris la forme de la poésie hébraïque, l’échangea complètement contre celle de la poésie lyrique grecque.

Divers renseignements, composés surtout de documents originaux et conservés par Eusèbe dans son Histoire ecclésiaslique, nous prouvent qu'on cultiva largement dans la suite la

. Daniel, Thesaur. hymnol., I, p. 5 et s.

. Spicil. Solesm., I, p. 187.

. Num. c. XXI. le chant des juifs au puits, Spicil. Solesm., 1, p. 245. . Deuter. c. XXXII, le cantique de Moïse mourant, Spicil. Solesm., . 254 et ss, | | . Ainsi le deuxième Spicil. Solesm., 1, p. 242, v. 691 : « Domini dum laudes hoc canit kymno, » après quoi vient le cantique.

6. C'est ce qu’a fait, d'une manière très sagace et tout à fait concluante, Thierfeider, De Christianorum Psalmis et Hymnis usque ad Ambrosii tempora, Leipzig, 1868.

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poésie hymnique christiano-grecque, et spécialement celle qui Li était consacrée aux louanges du Christ. Nous ne pouvons rien conclure de là néanmoins quant à la forme de ces hymnes. Cette poésie reçut une impulsion particulière des hérétiques qui s'en servirent pour populariser leurs croyances et qui lintroduisirent les premiers dans le service divin, afin de lui donner un charme esthétique tout particulier. Il va sans dire, en effet, qu’à la forme métrique empruntée à l'antiquité se rattachait étroitement la manière dont les Grecs exécutaient ces hymnes: un chant modulé fut substitué à la récitation hébraïque qui avait servi à rendre les hymnes sans mètre, comme les wôat nvevuatimaf. Ce sont les Ariens spécialement, qui cullivèrent la poésie hymnique dans le sens que nous venons d'indiquer : il semble même que c’est précisément cette circonstance qui engagea saint Hilaire à composer, pendant son séjour en Orient, son livre d'hymnes latines, comme un antidote contre l’hérésie. L’on sait, en effet, que sa vie entière fut consacrée à combattre l’arianisme. C’est aussi la poésie bymnique des Ariens qui a très certainement engagé saint Ambroise à composer des hymnes; il avait sous les yeux l'exemple de saint Hilaire, et, de plus, il avait à poursuivre un but tout particulier et que ne devait pas avoir son devancier, celui de les introduire dans l’église. Toute l’activité littéraire de saint Ambroise vise exclusivement en effet le côté pratique. Aussi le voyons-nous seulement composerses hymnes lorsque sa lutte contre l'arianisme est arrivée à sa période aiguë et lorsqu'il se propose d'élargir et d'enrichir la liturgie qu'il introduisit à cette époque : il voulait agir sur le peuple en se servant de moyens empruntés à son ennemi lui-même. La cour arienne de Valentinien II et de sa mère Justine renouvela, en 386, à l'occasion de la fète de Pâques, les prétentions qu'elle avait déjà manifestées l’année précédente ; elle exigea

la remise de la basilique Portiana, de Milan, à l’évèque arien. Auxence. Saint Ambroise refusa une seconde fois de se rendre

à cet ordre. Il fit, dans cette situation critique, un sermon contre Auxence : ce sermon, publié dans la collection de ses , lettres ($ 34) (1), contient les paroles suivantes, qu'on a |

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