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Après avoir montré l’origine (exortus) des deux sociétés, soit dans les anges, soit dans le premier homme et la première femme, saint Augustin passe au deuxième point, au progrès (procursus) de ces deux sociétés. Le grand contraste s'accuse d’abord, sur la terre, dans Caïn et Abeï. Caïn,'un fratricide comme Romulus, est ici-bas le premier fondateur de la communauté terrestre (1. XV, c. 5): n'est-il pas écrit de lu (Gen. IV, 17) qu'il bâtit une ville (civitas)? Mais Abel, pèlerin lui aussi (peregrinus), n’en bâtit point; 1l est, après nos premiers parents, le premier citoyen de la communauté céleste sur la terre, et ils sont tous des pèlerins jusqu’à ce qu'arrive le temps de leur royaume (1). Le livre quinzième traite ensuite, d’après la Genèse, du premier âge du monde (2), celui de l’enfance (in fantia) qui va jusqu’au déluge. L'auteur fait les méditations les plus variées sur les chapitres correspondants de la Bible. Non seulement il explique la raison des choses en se servant de l’allégorie et des symboles, mais il répond à des questions sur la morale, l’histoire naturelle, etc., comme le mariage entre consanguins (c. 16), la durée de la vie et la grandeur de l'homme à cette époque (c. 9 sq.) etc. Dans le livre seizième il poursuit, de la même manière, l'histoire des deux cités jusqu’à Abraham; c'est le deuxième âge du monde, celui de la puberté (pueritia), et il compte autant de générations, que le premier âge, c'est-à-dire dix. Après le déluge, éclate de nouveau le contraste entre les deux cités, dans Sem et Japhet, bénis par Noé, et dans Cham, maudit par lui; mais, parmi les descendants des premiers comme parmi ceux du dernier, il n’y a pas eu très probablement que des citoyens d’une seule cité : en tout cas, la cité terrestre s'affirme bien, par la construction de la tour de Babel. — Dans les deux âges à partir d'Abraham, l'auteur n’examine que les progrès de la cité de Dieu et traite encore dans ce livre (à partir du c. 12) du troisième âge du monde, celui de l'adolescence (adolescentia), qui commence à Abreham pour se terminer à David. Comme les deux suivants, il compte quatorze générations. C’est l’histoire d'Abraham, d'I-