‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 137 sur 382 · V. Diez, Altroman. Sprachdenkmale, p · texte numérisé non relu

V. Diez, Altroman. Sprachdenkmale, p

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cherche, encore après, à la sauver ; mais ses efforts sor les. Elle meurt donc dans les flammes : maiscelles-ci g rapides et légères, le long de sa belle chevelure, qu autour de son corps pudique, comme un rempart. S pure s'envole au ciel, sous la forme d’une blanche ct tandis qu'au voit la neige tomber, pour couvrir son Le récil a quelque chose de brillant et plein d’élége trimètre dactylique hypercatalectique (deux cent quin à strophes de cinq lignes) répond complètement au ct fougueux et passionné de l'héroïne. La quatrième h aussi une allure purement artistique : dans cinquante s saphiques, le poète chante la gloire de Saragosse e dix-huit martyrs, dont il fait l'énumération. Saragosse à redouter le jugement dernier, quand chaque ville ap au Christ, dans des corbeilles, ses dons les plus précit ossements des martyrs et leurs couronnes de victoir rappeile les récits des peintures et ceux des monnai ques, etc., où nous voyons également des villes person — La cinquième hymne, en l'honneur de la fête de sa: cent, martyr espagnol, a, par contre, un cachet plus por le mètre est le même que celui de l’hymne de saint ] (cinq cent soixante-quinze vers). Ce pieux diacre de Sa défend hardiment le christianisme, qu'on voulait 1 abjurer sous Dioclétien, et il le défend malgré des tou raffinés, auxquels du reste il provoque ses bourreau: peinture détaillée mais disgracieuse, destinée à célébre: rage admirable du héros dans lestourments, peut être rt

© comme un récit avant-coureur de ceux du moyen à;

que nous les trouvons encore mis en scène dans les m Jeté dans un cachot, Vincent y reçoit la visite des a y meurt dans le calme, et son âme s’envole vers le ciel fois, le préfet veut du moins se venger sur son cadav fait jeter aux bêtes féroces; mais un corbeau fait se autour de lui et effraie les loups. On le précipite enst mer ; mais {a vague le pousse à la côte, où des mains lui donnent la sépulture. La fin de l'hymne est une pi martyr. En maints endroits, ce poème ressemble ége aux ballades de l'avenir et s'élève jusqu’au langage vi

PRUDENCE (255-6.] atique (1). — La septième hymne a une mache plus simplus conforme à l'épopée. Elle est consacrée an martyr onien Quirinus. Jeté dans la Save, sous Galère, il ne once pas malgré la pierre de moulin à laquelle on l'a 1é; il console les fidèles rassemblés sur le rivage. C'est ment à sa prière que le Christ appelle son âme, et que rps disparaît dans le sein des eaux. Le poème est com. en vers glyconiques (quatre-vingt-dix strophes de cinq 8). — Le récit attrayant de la passion des trois martyrs de icos, de l'évêque Fructuosus et de ses deux diacres, morts trois sur le même bûcher et en confesseurs intrépides, Valentinien,, nous apparaît aussi revêtu d'une exquise icité. Le poèle provoque vicillards et jeunes gens, nes et femmes, à célébrer leur gloire par des cantiques issent résonner les toits d’or du château et que les vagues ent répéter en prenant part à la fête. Le mètre de cetle ne hymne est le vers hendécasyllabique phalécien à strode trois lignes (cent soixante-deuxvers); cette strophe a hoisie, à coup sùr, en vue du nombre ternaire des rs, tout comme, dans l'hymne quatrième du Cathemeri- ‘auteur a choisi ce mètre, pour chanter la sainte Trinité. offre un intérêt tout particulier par rapport au mètre de ne Comédie. On voit en même temps par là le soin que ’rudence à choisir avec art le mètre qui convient à son

neuvième et la onzième hymnes au contraire sont de ibles produits littéraires et artistiques; écrites toutes dans un style entièrement épique, elles sont seulement woduction de scènes que le poète avait vues dans des 1res. La première est consacrée à saint Cassien. Le y raconte, dès le début, comment, lors de son voyage à , il a prié sur le tombeau du saint, dans le Forum Corl’Imola d'aujourd'hui) et comment il a recherché, dans “mes, une consolation à ses peines. Il a élevé ses regards

ar ex. dans l'apostrophe du poète au préfet, v. 429 sq, et dans le ation de ce dernier v. 449 : « Ecquis virorum strenue — cumbam pellere — remo, rudente et carbaso — secare qui pontum queas, ete. ».

pr |

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| vers le ciel, et ils se sont portés sur le tt martyr. Là, il a vu Cassien couvert de mill ! l'épiderme de tous les membres déchiré par | gères. Il était entouré d’une grande multitude

le perçaient avec de petits stylets, tels que ce | servait pour écrire sur des tablettes enduites de | tain raconte ensuite la légende au poète: C | maitre d'école et enseignait surlout aux enfan | phie. Ses élèves ne l'aimaient pas : c'est là,

néral, le partage du maître d’école. Or, la pe | tienne vint à s’éteridre jusqu'à lui. Le juge, état, le condamne à mourir de la main de ses peinture vivante de cette mort du martyr :ces jt la soif de la vengeance dans l'âme et le stylet payer, comme ils disent, à leur maître lié et « ! vêtements, les mille et mille notes qu'ils ont d | larmes aux yeux. Alors le poète implora le sai | lui accorder un bon voyage et un heureux re fut exaucée, et voilà pourquoi il chänte maint dans cette hymne: elle est écrite en cinqu ques, comprenant un hexamètre et un trin L'autre hymne, la onzième, écrite aussi en dis distiques ordinaires et formant un pendant à célèbre saint Hippolyte, évêque de Portus. ( forme d’une lettre adressée à Valérien, évêque dence y raconte la visite qu’il a faite pendar Rome, aux tombeaux innombrables des mar sieurs portent des noms ou des inscriptions. Il d'Hippolyte surmonté d'un tableau représentar ! et c'est d’après cette peinture que Prudence cor

Hippolyte dut à son nom d'être mis à mort

chevaux indomptés ; mais, ses restes épars —

tout ce qu'on voyait dans le tableau — furent

soin par ses amis qui avec des éponges effac | taches du sang, sur les broussailles et sur le so "remarquable par la richesse du coloris, offre d cription exacte des catacombes, en particulier sépulcrale de saint Hippolyte ; elle nous mor

fidèles qui se rendent de toute l'Italie auprès du tombeau du saint, au jour de sa fête. Ils visitent aussi le temple qui l’avoisine : c'est la basilique de Saint-Laurent que le poète décrit ici encore. En terminant, il exhorte l’évêque à introduire, parmi les fèles annuelles de son église, le jour de la mort de saint Hippolyte, vu que ce martyr est si puissant dans le ciel, ainsi qu'il l'a appris lui-même.

L'hymne douzième, qui fut peut-être composée à Rome (4), semble avoir plusieurs liens de parenté avec celle de saint Hippolyte. C'est la Passio Petri et Pauli composée en l'honneur de la fête du prince des Apôtres et comprenant soixante-six vers dans le quatrième mètre d'Archiloque. L'hymne est écrite sous la forme d’un discours, prononcé par un Romain, ami du poète. Prudence lui demande ce qui se passe de si extraordiuaire, que Rome se pare de ses habits de fête. L'ami lui donne la réponse. Cette hymne ne contient que quelques mots sur la mort des deux apôtres, mais elle offre en revanche une description d'autant plus détaillée de leurs tombeaux : elle ne présente donc pas un moindre intérêt que la précédente (2), au point de vue ecclésiastique et archéologique. L'hymne treizième, par contre (cent six vers archiloquiens), a un intérêt historique et littéraire; elle célèbre saint Cyprien et exalte son éloquence, comme je l’ai fait remarquer plus haut, dans un langage plein de beauté et de justesse. Mais, dans l’esquisse de sa vie et desa mort, le poète a mêlé des traditions étrangères à saint Cyprien ou qui du moins ne sont pas historiques (3). — L'hymne quatorzième et dernière, consacrée à sainte Agnès, nous ramène à Rome. Le poète nous dit, dès le début, que, dans cette ville, se trouve le tombeau de la célèbre martyre, et il insinue quel en peut être l'emplacement. C’est certainement à Rome qu'a pris naissance ce poème, car le poète, en la priant de purifier son âme et en nous disant que la sainte ne protège pas seulement les Quirites mais encore les étrangers (dvenae) qui l'implorent avec

2. V. là-dessus, Brockhaus, Op. c., p. 151 sq. 3. V. Bunsen, Hippol., 4, p. 158.

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rend évidemment lui-même sous le nom d’ « érouva, gravés dans l’abside de l’église bâtie sur ant Constantin lui-même, les hexamètres de onneur de la sainte (1). C'est ainsi que nous > ici, l'influence de Damase, quelque faible er, vu la sécheresse du petit nombre de vers de : Le récit de la légendes aussi, dans Prudence, culier. La jeune vierge, condamnée au lupae nue, en public, au coin d'une rue. La foule ux : seul, un jeune homme ose porter sur elle pable ; mais aussitôt il est frappé de la foudre, mnt du ciel. Cependant, à la prière de la jeune uvre la santé et la vue. Après avoir ensuite : par le glaive (martyre que la jeune fille salue le poète nous la décrit s’élevant au ciel et d sur la terre qui lui montre encore une fois, se en termes éloquents, la vanité et la misère :s chagrins qui semblent n'avoir pas de fin et courte durée! Cette hymne, composée de cent rs hendécasyllabiques alciens, termine dignec’est, sans conteste, la meilleure. Elle se dispar l'unité de la composition et par plusieurs 1es de poésie,

permis de faire abstraction du poème épigram- £ comme hymne huilième et qui s’est égaré nes des Peristephanon (j'en ai du reste déjà reste plus qu'à mentionner l'hymne dixième, ore rien dit et qui est consacrée à saint Romain. 3 d'Eusèbe, Romain était diacre de Césarée, et rt pendant la persécution de Dioclétien. Cette très longue, nous donne non seulement le tatecherches, de variété et de détails du martyre elle contient — et c’est là-dessus principalement

ime finit par : « inclila virgo, » et le début de l'hymne 1» montre les rapports des deux. D'après Platner et Bung con Rom, Abth. III, Vol. 11, p. #48), on trouve là encore mais la pierre y a élé replacée après coup. V. Merenda's tasus, XIII.

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que repose son étendue — dans les longs discours du martyr, qui parle même après qu'on lui a coupé la langue, une apologie détaillée du christianisme avec une polémique obligée du paganisme (1). La narration a plus d'un lien commun entre elle et celle de la deuxième et de la cinquième hymnes, avec cette différence toutefois que l'élément rhétorico-didactique domine ici.

Jetons, en terminant, un regard d'ensemble sur toute la collection du Peristephanon. On ne saurait nier qu'on y trouve, outre la variété des poèmes déjà signalée au commencement de cette étude, une grande variété dans la manière de traiter le sujet, au point de vue purement esthétique. Dans les uns, c'est Je style lyrique, dans les autres le style épique, parfois mème le style didactique qui domine; et, cn général, il est toujours mis en harmonic avec le mètre de l'hymne; souvent même le premier de ces styles se joint au second et produit un

effet dramatique. Conformément à cela, l'Église n'a adopté des hymnes de Prudence que certaines parties détachées, comme, par exemple, pour l’hymne de saint Laurent et celle de saint Vincent (2). — C'est aussi une chose digne de remarque de voir combien d'art et de choix nous offrent souvent, au point de vue esthétique, les débuts de ces hymnes (3), | et la riche variété que le poète sait y répandre. |

Les autres œuvres poétiques de Prudence, indiquées par lui-même dans la préface de l'édition complète, appartiennent au domaine de la littérature didactique et de la polémique. Cette poésie suit tout d’abord chez lui (comme déjà dans Commodien) (4) la marche de la prose dans la littérature polémico-apologétique, telle que nous l'avons vue fleurir dans la première période de la littérature chrétienne latine, en face du paganisme et de l’hérésie. Prudence se rattache ici lui-

1. Îl est à remarquer qu’un épisode de cette hymne se rapporte au martyre des sept Machabées. v, 751 sq.

2. V. Daniel, Thes., 1, p. 136 s. et Prudence, édit. de Arévalo, I, p. 54.

3. Exemple de la 1°° hymne : «Scripta sunt coelo duorum martyrum vocabula — Aureis quae Christus illic adnotavit litteris, etc., » ou de la 2°: a Antique fanorum parens — Jam Roma Christo dedita, etc. »

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