‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 142 sur 382 · CONTRE SYMMAQUE · texte numérisé non relu

CONTRE SYMMAQUE

dose et l’obéissance qu’on leur doit; suivant alors la tré anciens apologistes, il parle de l’origine humaine des

dontla dynastie a été fondée par Saturne, et il attaque en temps leur immoralité. Il expose, d’une manière bie tinguée (v. 197 sq.), comment cette superstition, une fo s’est propagée par l'habitude irréfléchie : le nourrisson

sucé l'erreur avec le lait et le jeune homme a appri vénérer, dans les coutumes de la vie domestique et dé fêtes de la vie publique. Avec le culte d’Auguste com aussi l'apothéose des Empereurs : il n’est donc pas élo pense le poèle, que l'on continuât à marcher dans la v s'était d'abord développée cette religion. Mais les élé eux-mèmes furent divinisés, ainsi que les astres, et sur soleil. Le poète juge nécessaire (et ce point est à not d'entreprendre une polémique détaillée contre ce dernie (v. 309 sq.) ; il insiste sur le peu de grandeur du sol comparaison du monde et du ciel, ainsi que sur la con! de sa course ; ce serviteur de Dieu n'a pas même la libe l’homme. En somme, un tel culte est encore supportable que dire si l’on voil aussi l’abîme infernal et ses ténèbre ner ses dieux à Rome ? Que penser de l’adoration stupide leur rend, par les jeux inhumains des gladiateurs ?

poète fait ensuite intervenir Théodose, vainqueur de l'u: teur Eugène et, précédemment, de Maxime (2); dans u discours, il lui fait sommer la ville, entourée encore des: bres du paganisme, de se défaire de ces tristes cou dignes des barbares, et de vénérer la croix par qui Cons a déjà vaincu. Il ne fait sans doute que revêtir ici du la de la poésie le discours fait par Théodose dans le sénat celte victoire, en 394. C'est seulement par les édits qu'il alors, que Rome devint une ville vraiment chrétienne; c

4. Ce fut le culte de Mithra, qui se conserva le plus longtemps pa lettrés.

2. Dans le « princeps gemini bis victor caede tyranai » (v. 440), il être question que de Théodose et non de Constantin le Grand; c'es ressort non seulement du contexte, mais ce que prouve en parlicul 506, qui montre, à n'en pas douter, que le discours de l'empereur fi lement avec le vers précédent.

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qui fait l’objet d'un développement tout poétique (v. 511 sq.): à un petit nombre de membres près, le sénat adore maintenant le Christ, de concert avec le peuple, et ce n’est pas la force, mais la raison, qui l'y détermine. Théodose a également récompensé de leurs services terrestres les païens et les chrétiens ; il leur a volontiers accordé les plus grands honneurs : Symmaque en est la preuve (v. 625) ! Prudence termine ce premier livre par un éloge dithyrambique de l'éloquence de Symmaque : malheureusement il ne le dépense que pour une mauvaise cause, et 1l assure que ce n’est pas pour faire assaut de génie avec lui, mais seulement pour défendre sa foi qu'il a pris la plume.

Le deuxième livre est également précédé d’une préface, en soixante-six vers glyconiens ; le poète, dans son combat contre « l'homme le plus éloquent de son époque (1), » y implore l'assistance du Christ. C'est le Christ, dit-il, qui vint autrefois au secours de saint Pierre, lorsque celui-ci luttait contre la mer orageuse de Tibériade : il compare donc cette dernière avec l'éloquence de Symmaque.

Le livre lui-même comprend onze cent trente-deux hexamètres. Le poète veut y réfuter, point par point, la Relation de Symmaque (2) ; et ici il se rattache souvent de très près et même immédiatement à la réfutation de saint Ambroise. Tout d'abord, Prudence fait intervenir le jeune Empereur: dans un discours, il lui fait réfuter une des prétentions de Symmaque (le poète fait aussi intervenir ce dernier et lui prête la parole), qui affirmait que la victoire de Rome se rattachait au culte de la Victoire. Il soutient, avec saint Ambroise, qu'elle est plutôt l'ouvrage de la bravoure des soldats romains. Prudence récapitule ensuite(v. 69 sq.) les autres arguments de la Relation de Symmaque et combat en premier lieu le scepticisme que ce

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