‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 165 sur 382 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Nous possédons encore de l’époque de Paulin et de Prude: trois autres poèmes du genre polémico-apologétique ; de d’entre eux sont purement polémiques, tandis que le troisiè n’est qu'apologétique (2). La personnalité de l’invective doi

4. Parmi ces destinataires citons les noms connus de Romanianus, Li tius, Pammachius, Ruffin, Alypius.

2. Mentionnons brièvement à cette place un autre poème (en hexamèt polémico-apologétique de cette période, qu'on avait attribué auparavant £ fondement à Tertullien; il a pour titre : Adversus Marcionem, libri V fut d'abord découvert par G. Fabricius et publié dans son ouvrage Poe veter. ecclesiat, opera, 1584: OEhler l'a publié après, dans son éd. de tullien (v. plus haut p. 42. Rem. I), tome IL. Le contenu en étant purer dogmatique et le poème n'offrant d'ailleurs aucun intérêt au point de historique, littéraire ou esthétique, je m'abstiens de m'y arrêter plus temps. Remarquons toutefois qu'il n'a pas plus de rapports avec l'écri Tertullien contre Marion (v. plus haut p.66, rem. 2) qu'avec l'Hamartig de Prudence (v. plus haut p. 328). Il contient toutefois quelques don assez importantes pour le théologien.V. Hueckstaedt, Ueber das pseudt

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même aux deux premiers un caractère essentiellement mordant. L'un de ces deux poèmes a été complètement publié, il n'y a pas encore longtemps, d’après le Codex parisien de Prudence, fonds latin 8084 (1). C'est un vrai chant de triomphe et de raillerie amère sur la chute rapide de la magnificence païenne, qui, après l'usurpation d’ Eugène, avait reparu à Rome, et surtout sur la chute du principal représentant ‘du paganisme, du préfet Flavien lequel, marchant au secours d'Eugène contre Théodose, fut battu et succomba, en 394, avant la défaite même de l’usurpateur. C’est très probablement dans cette même année que fut écrit le poème. Le parti des sénateurs païens, dont Flavius était le chef, comptant fermement sur la victoire d'Eugène et sur les concessions quil leur avait faites, tout chrétien qu'il était, avait fièrement relevé la tête dans Rome et remis en scène, avec une pompe officielle, les cérémonies et les rites de l’ancienne religion d'État; Flavien, en qui l’auteur voit l’incarnation du paganisme, sacrifia ensuite avec une égale passion au culte secrel d'Isis et de la grande Mère. Il cherchait en outre {ce dont le poète lui fait un crime spécial) à faire partager ses idées aux chrétiens, en leur distribuant des présents et des honneurs. C’est à l’occasion de sa chute et de la défaite de son parti, qui était en même temps la défaite de la religion païenne, que notre poète fait entendre un chant de triomphe ; sur ce « petit tombeau » de Fiavien, qui avait conçu de si grandes espérances, 1l demande d'un ton railleur aux sacrati, aux proceres, (l'aristocratie païenne): À quoi donc a servi toute la piété des païens ? Il se trahit dans ce poème quelque chose du manque de noblesse d'esprit de Firmicus Maternus, mais il ne faut pas oublier que les chrétiens de Rome et d'Italie avaient élé

tulianische Gedicht Adrersus Marcionem. Leipzig, 1875 (Dissert.) L'auteur montre que le poème est plutôt écrit contre les Marcionites que contre Marcion lui-même et il en fixe la composition entre 360 et 370.

4. Mommsen, Carmen codicis Parisini 8084 dans le : Hermes, vol. IV, 1870. — Morel, Recherches sur un poëme lutin du IVe siècle, dans la lèev. archéolog., Paris, 1868. — Riese, Anthologia latin (v. plus haut, p. 109, rem. 2). Pars 1, Fase. 1, M. 4. — Dobbelstein, De cermine christiano cod. Paris, 8084, Louvain 1879. — Baehrens, Poetae latini minores, vol. III, Leipzig, 1881.

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