‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 166 sur 382 · CORP CR · texte numérisé non relu

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violemment provoqués par les menaces des fanatiques réactionnaires (1). Le poème comprend cent vingt-deux hexamètres et il est en partie très défectueux sous le rapport de la Jangue et du mètre. |

L'autre poème polémique accuse un caractère encore plus personnel, vu que le destinataire contre qui il est écrit n’est pas mème désigné par l'auteur comme étant le représentant du paganisme. On l'avait précédemment et tout à fait à tort

attribué à saint Cyprien ; il comprend quatre-vingt-cinq hexa- .

mètres et a pour tre : Ad Senatorem ex christiana religione ad tdolorum servitium conversum (2). Avec une ironie fine et qui ne manque pas d'esprit, l’auteur flagelle ce renégat et il le fait en vers, parce que ce dernier a toujours aimé la poésie. Un fait

digne de remarque, c’est que le retour au paganisme de cet homme éminent, qui avaitété consul, consisle aussi dans l’iniliation au culte secret de la Grande Mère et d'Isis ; le premier de ces cultes est stigmatisé ici comme étant d’une immoralité monstrueuse. Ce poème nous montre, dans le sénateur, une de ces natures malheureuses qui, mécontentes du scepticisme d'alors, cherchaient Dieu en vain sous toutes les formes, et pour qui le christianisme lui-même n'était autre chose qu'un mystère nouveau. Voilà pourquoi le poète lui dit (v. 46) : « En adorant tout, tu n’adores rien! » Le christianisme luimême ne l'a pas satisfait, « ce philosophe, » et il a cherché son salut dans les cultes secrets; mais une trop grande quantité de nourriture nuit à la santé, même dans la sagesse. En terminant, le poète lui montre le châtiment terrible qui ne peut manquer d'atteindre le renégat, et il espère que, parvenu à l’âge mûr, il rentrera dans le bon chemin (3).

Le troisième poème, qui a une tendance purement apologétique et qui, par elle seule, est rangé dans le cycle de la poésie chrétienne, offre un caractère tout différent des deux autres dont nous venons de parler. C’est un poème bucoliqueentrente-

4. V.S. Paulin, Vita Ambros , c. 31, | 2. Dans l'éd. de saint Cyprien par Hartel (v. plus haut p. 67, rem. 1), | Pars IIE, p. 302 sq.

| 3. Ce mètre est formé de trois petits asclép. et de un glyconien, cômme | dans Horace, Od., I, 6, 15, 24, etc.

2 em me mm

338 * ENDELECHIUS [303.]

trois strophes d’Asclépiade (du troisième mètre asclép.) (1); c’est l'œuvre gracieuse d’un rhéteur chrétien, ExpeLEcuius (2), appelé aussi, à ce qu'il paraît, Severus Sanctus; ami de saint Paulin de Nole, il l'avait engagé à écrire le panégyrique de Théodose (3). Deux bergers s’entretiennent ensemble ; l'un demande à son compagnon d’où provient le chagrin qui se reflète sur son visage ; celui-ci répond que, à la suite d'urt peste bovine récente, il a perdu tout son troupeau. Il en décrit . tous les détails avec plus de rhétorique que de poésie. Mais voici venir un troisième berger, Tityre, qui, la joie dans l'âme, conduit son troupeau. Les deux autres lui demandent quel dieu le préserve dela ruine. Il répond : C'est le Dieu qu'on adore dans les grandes villes, comme étant le Dieu unique; c'est le Christ, gloire de la divinité éternelle et son unique Fils, Le signe de la croix sur le milieu du front des animaux était pour eux unsigne certain de salut (4) ! Il suffit de croire en lui. Ce ne sont point des sacrifices sanglants qu'il exige ; c’est la purification du cœur. — Là dessus, ils prennent tous deux la résolution de devenir chrétiens : ce signe, qui chasse la peste, doit bien aussi pouvoir aider l’homme à arriver au salut. La scène se passe en Gaule, ainsi que le montre un passage (v. 22 sq.), et la Gaule était probablement la patrie d'Endelechius, bien qu'il fût professeur de rhétorique à Rome (5) et qu’il ait dù y écrire ce poème vers le commencement du v'siècle (6).

1. Severi sancti Endelechii rhetoris et poetae christiani carmen bucolicum de mortibus boum, ed. F. Piper, Goetlingen, 1835. De plus, daus l'Anthologie de Riese, Pars I, Fasc. II, N° 893.

2. Car le titre du missel est : Incipit carmen Severi Sancti, id est End :leichi (sic) Rhctoris de mortibus boun:.

3. Ainsi que Paulin lui-même l'écrit à Sulpice-Sévère, Ep. 28.

4, Signum quod perhibent esse crucis dei,

Magnis qui colitur solis in urbibus,

Christus, perpetui gloria numinis,

Cujus filius unicus .

Hoc signum mediis frontibus addictum Cunctarum pecudum certa salus fuit. V. 505 sq.

5. Pour le moins entre 390 et 400; v. Jahn, Ueber die subscriptionen in den Handschriften rümischer Classiker in Bericht. der süchs. Geselleche der Wissensch. II], p. 332.

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