‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 187 sur 382 · LES VI LIVRES DES HISTOIRES · texte numérisé non relu

LES VI LIVRES DES HISTOIRES

qui eut cours pendant tout le moyen âge, a sûrement contribué à la division en sept livres de la matière traitée par Orose, quoique cependant ç'ait été un autre principe, le mystère des nombres, qui détermina le nombre sept. Le livre premier qui, après une courte description du globe terrestre, théâtre de l'histoire, commence au déluge, est consacré à la période de la première monarchie universelle. Orose y raconte, dans un ordre chronologique basé sur la chronique d’Eusèbe et surS. Jérôme, les événements qu’il regarde comme les plus importants. Son récit va jusqu’à la fondation de Rome, par où débute le livre deuxième. Celui-ci renferme le développement de l'histoire de Rome jusqu'à la conquête des Gaulois, d'après le procédé de saint Augustin : Orose le compare à celle d’Alaric; il nous expose également l’histoire de l'empire des Perses, depuis Cyrus, et celle des Grecs jusqu’à la bataille de Cunaxa. Ici se prépare la puissance de la Macédoine. Le livre troisième est principalement consacré à la période de cette puissance. Il débute par les guerres des Lacédémoniens contre les Perses sous Artaxerxès, guerres qui sont l’avant-coureur des conquêtes d'Alexandre. Il traite ensuite l’histoire des Diadoques jusqu'à la chute de Lysimaque, et l’histoire romaine correspondant à cette période. La guerre de Rome contre Pyrrhus est racontée au début duquatrième livre, lequel va jusqu'à la ruiné de Carthage ; l'auteur nous y expose les luttes de Rome et de Carthage et l’histoire antérieure de cette dernière ville ; celivre a par conséquent pour sujet la troisième monarchie universelle. À partir du livre cinquième, c'est Rome seule, arrivée maintenant à la domination, qui joue le premier rôle, Nous lisons dans ce livre son histoire jusqu'à la guerre des esclaves. Le sixième (où sont d’abord traitées les guerres contre Mithridate) la continue jusqu’à Auguste et à la naissance de Jésus-Christ ; le septième, enfin, va jusqu’à l'époque de l’auteur. C’est ainsi, on le voit, que la division est bien motivée en général dans le sens de l’idée dominante de l'historien : il faut seulement faire une exceplion pour le livre sixième (1)

4. La manière dont le livre cinquième est séparé du sixième, fut délerminée par l'idée de donner à chacun d'eux une période à peu près égale,

qui n'aurait pas dù être séparé du précédent et qui ne l'a été peut-être que pour compléter le nombre scpt.

Quant au choix de la matière, dans ses détails, et au genre de la composition, ils ont été subordonnés à la tendance entièrement apologétique de l'ouvrage ; mais on doit tenir compte de son caractère sommaire qui nécessitait une limite, sous ce double point de vue. Orose avait surtout en vue de représenter les souffrances de l'humanité dans les temps passés, afin de montrer qu’elles sont moins cruelles depuis le christianisme et notamment dans le temps présent; ce sont donc en première ligne les guerres ou, plus exactement, d'après lui, les maux de la guerre, qui forment le sujet du récit. Par là, 1l se rapproche du genre si éminemment romain qui fait de l'histoire universelle une histoire de conquêtes: c'est ce que montre Trogue-Pompée, qui, avec son abréviateur Justin, devient son principal modèle. Orose néglige donc, comme Trogue- Pompée, l'histoire intérieure partout où elle n’a pas à raconter des luttes de partis, des guerres civiles, ou à offrir d'autres exemples de désorganisation morale. De là le côté superficiel, fragmentaire et parfois anecdotique de la composition ; de là, ce manque d'efforts pour découvrir l’enchalnement des faits et en exposer les motifs, sauf pourtant quand la tendance apologétique l'exige. Une partie de ce défaut, et la moindre, doit ètre mise peut-être au compte de la nature de cet ouvrage, qui n'est qu'un abrégé sommaire, et au compte de la précipitation avec laquelle il a été écrit, comme en témoigne maint passage peu soigné: il avait bien un peu, en effet, le caractère d'un ouvrage de circonstance. Les exagérations, les altérations des faits, apparaissent dans Orose, d’après l'endroit où elles se trouvent, comme une conséquence de la tendance apologétique de l'ouvrage avec qui cadrait difficilement un pointde vue impartial. C'est néanmoins à cette tendance que cet ouvrage est redevable, d'autre part, de cette chaleur et de ces allures pleines de vie qui le distinguent de la sécheresse des Bréviaires paiens-latins ; ce sont surtout les échappées que l'auteur mé-

quelques soixante-dix ans ; pour cela, l’auteur partagea en deux la période, depuis la ruine de Carthage jusqu'à la naissance de Jésus-Christ,

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