‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 197 sur 382 · Le poète adresse cette prière au Christ · texte numérisé non relu

Le poète adresse cette prière au Christ

« .… Da mellifluum in praecordia verbum Nostra tuum et linguas nobis infunde disertas, Dum tsneros firmare animos et corda paramus.

Ad verae virtulis iler puerilibus annis. » V. 150 sq.

serait tenté de l’admettre d’après la donnée de Gennade (1), fût perdu pour nous. — Le iraitement que le poète a fait subir au texte biblique est tout à fait particulier et correspond au titre ; ce n’est pas, en effet, une simple reproduction du texte en vers, mais, en même temps, une explication du récit de Moïse. Cette explication, le poète la donne sous forme de supplément du récit, qui tout en suivant généralement le texte biblique, s'en écarte pourtant assez fréquemment dans certains détails ; il n’est pas question en cela des ornements de l’éloqueuce poétique dont je parlerai bientôt. Montrons la chose par des exemples. Au septième jour, Dieu avait cessé de créer, mais il n'avait que cessé de créer les genres (2); Dicu, dit notre poète (I, v. 227 s.), avait réuni dans le paradis tout ce que la nature avait produit séparément en divers lieux, il est hors de doute qu'avant le péché originel les vertus (gloria, simplicitas, saptentia, etc.) avaient dressé, dans le paradis, leurs tentes auprès d'Adam. Lorsque Dieu fait entendre la

sentence contre les coupables, le monde tremble, et, par là,

se forme le Tartare (1, v. 455 sq.). De plus, l'achèvement de la construction de l'Arche, qu'on avait commencée avec tant d’entrain, dure pendant cent ans, afin que les hommes coupables aient quelque latitude pour se repentir; mais ce délai de la punition ne fait que multiplier les coupables (IL, v. 328 sq.); le corbeau, envoyé hors de l'arche par Noé, ne revient pas, parce qu'il a trouvé quelque chose à manger (IX, v. 399 8. ), et ainsi de suite. On y rencontre également des explications qui ne sont pas renfermées dans le récit mosaïque, par

14. En ce cas, on doit adopter la lecture de Gennade, guattuor vers., qui fut changée peut-être par rapport au poème qu’on n'avait plus qu'en trois livres ; on ne saurait admettre que le récit du troisième livre ait conduit le récit de la Genèse jusqu'à la mort d'Abraham et que la seule fin de ce livre se soit perdue, car alors ce livre, déjà plus long que les deux autres, aurait une dimension inaccoutumée et sans proportion avec les autres ; de plus, la finale correspond parfaitement à celle des deux premiers livres. Les indications de la préface (v. 109 sq.) par rapport au contenu de l'ouvrage, sont malheureusement, surtout dans les textes qui nous restent, trop vagues et trop obseures pour établir un jugement certain sur cette question.

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