Septima lux magnum ut vidit cessasse Parentem
Sed generum tantum numeros desisse creare. I, v. 162 s.
[355-6.] COMMENTARI IN GENESN 395
exemple, la réponse à la question suivante : Pourquoi nos premiers parents ne se sont-ils pas habillés plutôt? Voilà une explication peu biblique(1). Il faut ranger aussi sous cette rubrique l'explication allégorique et mystique qu’on trouve çà et là dans le poème, à la fin, par exemple.
Si ces explications élargissent, en différents endroits, la matière biblique, cela a lieu en grande partie au moyen de longues digressions (c'est le nom que leur donne le poëte luimême), qui n’ont rien de commun avec un commentaire de la Bible. Il existe un exemple du genre dans la courte sorti contre le polythéisme (FE, v. 994 sq.), rattachée au discours du serpent (Gen., c. 3, v. 5), et eritis sicut dü, où le polythéisme est nommé pour la première fois parce que le pluriel du mot Dieu s’y trouve prononcé. Nous en voyons encore un autre exemple dans la longue digression (IIE, v. 105 sq.) sur la première apparition du polythéisme et du fatalisme que le démon introduisit dans le monde avec l'astrologie, la science des aruspices et tous les arts magiques. Nemrod, le premier, tombe dans ces crimes, et c’est à sonnom{Genes., c. 10, v. 8 sq.) que se rattache la digression qui remplace tout ce chapitre purement généalogique dont l’auteur ne dit pas un mot. Pour se consoler de la perte de son fils unique, Nemrod lui élève une statue de marbre, à laquelle il ordonne de rendre les honneurs divins. La plusintéressante et la plus réussie de toutes les digressions, par rapport à l’idée comme par rapport au développement, est celle qui se trouve au début du deuxième livre, et qui ne comprend pas moins de cent quarante-neuf vers. Le poète y décrit la situation de nos premiers parents, qui, chassés du paradis, arrivent sur une terre couverte encore d’antiques forêts. Ce n’est qu'alors qu'ils reconnaissent tout le prix de l'Éden qu'ils ont perdu et dont ils ne peuvent oublier le souvenir. Le faim les pousse au travail; mais la culture du sol leur est encore inconnue, et, avant tout, il faut le conquérir sur la forêt, ce sol. Il s'adressent à Dieu par la prière. Mais, sur ces entrefaites, voilà que le serpent apparaît de nouveau.
1. V. I, v. 411 sq. Celui dont le sens est dirigé seulement vers le ciel, ne se soucie pas du corps.
Eve provoque Adam à le tuer, lui qui 8 i dans le monde. Ils lui lancent des pierres et che à se cacher entre des rochers ; il réussit à un coup de pierre ayant atteint un silex, ur aussitôt, et la forêt est bientôt en flammes. C'e et d’étonnement que nos premiers parents :
feu et contemplent sa puissance. L'incend mème à la racine des arbres, ouvre le sein dé découvre les trésors de ses métaux; puis, { bienfaisante qui fertilise le sol et lui fait produ moissons. — À elle seule, celle partie prot était capable de conceptions poétiques et donner, suivant les modèles classiques, une venable, soit dans la langue, soit dans le v avec facilité. La rhétorique, il est vrai, qui, € domine la poésie romaine et surtout l'épopée que mieux dans les œuvres des Épigones pos de la naïveté si simple du récit biblique, « rieure de langage, telle qu’elle se trouve ic sous un jour d'autant plus défavorable; m:
contemporains y trouvaient leur plaisir. Par le poète parvenait à élargir la matière (1).
On attribue encore au même auteur un autre Epistola de perversis suae aetatis moribus ad tem. Cet opuscule de cent cinq hexamètres ne: ment parler, être désigné sous le nom d'«Épit présentée sous la forme d’une conversation l'abbé, c'est une parfaite satire, dans le style race : le premier, il est vrai, a presque sculla dans sa patrie, après une longue absence, le une visite au moine Thesbon, son ami, quil pitalité : c'est ce que nous apprend l’allocuti début du poème : il indique au poète le chem profite pour s’entretenir avec lui du déplorabli
1. C'est ainsi qu'à l'occasion de la délivrance de (Gen., e. 44), le poèle nous fait la description d'une comme toujours du reste, Virgile pour guide, III, v. 3€
(857.] ÉPISTOLA AD SALMONEM
il a trouvé sa patrie. Le Barbare l’opprime, il la rend semblable à un désert; mais elle a encore plus à souffrir d’un mal inté-
rieur, d’un ennemi secret, par lequel, dans notre inertie pable, nous nous laissons enchaîner : je veux direl’immo: Ce que ravagent les Barbares, on cherche à le réparer, qu souvent on ait peu d'espoir d'y réussir; mais on ne pen: à rendre ses mœurs meilleures. « Rien n’est sacré pour que le gain », s'écrie le poèle ; ce qui est utile, voilà le et, par euphémisme, on donne au vice le nom de la On ne cultive que la sagesse de la terre, et les hommes ginent déjà savoir ce que Dieu seul connaît. Les faut femmes aggravent encore cet état moral, et nous ne so pas étrangers, dit-il, aux fautes des femmes : c’est la par le luxe; l’une ne veut pas rester inférieure à l’autre, et; f elles ne font que prévenir la sensualité des hommes. E coquetterie est aussi cause que les femmes, méprisant gesse de saint Paul et dé Salomon, prennent plaisir Térence, Virgile, Horace et Ovide (v. 72 sq.) : en cela, leurs, elles ne font que suivre notre exemple. Si nous meilleurs au point de vue moral, dit le poète en term les ennemis extérieurs seraient impuissants contre les teurs de Jésus-Christ. L'abbé a objecté ensuite que les } gens ne sont pas si rares. que le prétend le poète; celui- ‘demande alors comment il s’est porté pendant son ab: mais Salmon, que l’heure avancée appelle aux vêpres, la réponse au lendemain. — Ainsi finit ce poème qui au point de vue de la civilisation, un tableau intéressant.
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